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Le management

Intermédiaire digne de confiance, le manager prend en charge la carrière d’un artiste de A à Z avec un objectif : la faire décoller! En Belgique, il n’existe pas de formation à proprement parler pour ce métier. N’importe qui peut donc se lancer dans l’aventure, à condition de posséder un certain sens artistique, d’être polyvalent et d’avoir le contact facile.

  • asbl court circuit-

    Plus tard, je serai manager

    Le rôle du manager est bien souvent différent en fonction du projet qu’il encadre. Dans un premier temps, il s’attellera donc à déterminer les besoins de l’artiste, son niveau et ses attentes afin de mettre en place une stratégie globale.

    Pour Joseph, entre autres manager de BRNS et de Moutain Bike, « le but d’un manager c’est d’amener un artiste d’un point A à un point B en racontant une histoire qui soit vraie, honnête et dans laquelle le public peut se retrouver. On m’a dit un jour, ajoute-t-il, que le manager était celui qui soufflait sur les braises pour ne pas que le feu s’éteigne et je trouve qu’il y a un peu de ça. »

    Une vision partagée par Herbert, co-fondateur du label NAFF Rekordz : « Quand on est manager, il faut prendre du recul, observer l’artiste dans son développement, dans sa manière de fonctionner et construire avec lui une ligne de conduiteLe manager pourra, par exemple, donner une direction spécifique à un album en sélectionnant, parmi les morceaux composés, les titres qui ont un potentiel certain. »

    Les ingrédients de la réussite

    Comme nous l’explique Joseph, en management, il n’y a pas de recette miracle : « Je n’ai pas de recette miracle et je pense, enfin j’espère, qu’il n’y en a pas. Le plus important, c’est d’être passionné et de miser sur sa capacité à pouvoir structurer un projet et à communiquer. Pour moi, les meilleurs managers sont ceux qui sont proches des artistes qu’ils encadrent, un bon pote par exemple. C’est vrai qu’il y a une dimension business et qu’il faut être prudent avec ça mais une grosse partie du métier repose sur le relationnel, donc la proximité est importante à ce niveau-là. »

    Selon Herbert, il faut « se montrer partout, rassembler les coordonnées de ses contacts dans un fichier, entretenir son réseau et créer des liens d’amitié professionnelle avec les bonnes personnes. »

    Difficultés vs. passion

    Nous nous trouvons pour l’instant dans une période de transition en matière de consommation : le CD disparaît petit à petit au profit du téléchargement et du streaming tandis que le vinyle regagne timidement du terrain. A côté de cela, les structures de la filière musicale ont de moins en moins de moyens financiers et les groupes doivent parfois jouer presque gratuitement pour obtenir une certaine visibilité. Pour faire en sorte qu’un projet tienne la route, il faut donc prendre des décisions complexes qui relèvent parfois du défi. Cette incertitude constante est particulièrement difficile à gérer quand on est manager mais face aux difficultés qu’ils rencontrent, Herbert et Joseph répondent tous les deux par la passion.

    « Il y a des moments où tu t’enlises un peu parce que tu restes des heures derrière ton bureau à passer des coups de fil, raconte Joseph, mais quand tu vas à des concerts et que tu es transcendé par la musique, que ce soit des groupes que tu suis ou pas, tu reprends vie. La notion de passion est primordiale dans ce métier. Pour être un bon manager, il faut de bonnes facultés d’organisation mais il faut surtout être passionné pour ce que tu fais et stimulé par l’artiste avec lequel tu travailles. Mon pied c’est de voir des gens faire bien ce qu’ils font et aimer le faire. Je bosse à temps plein, je suis marié, j’ai des enfants et ce n’est pas toujours simple de combiner tout cela. Pourtant, je ne changerais ma vie pour rien au monde ! »

     Hélène Many – BeCult

  • En pratique

    1)    Quel rôle pour le manager ?

    La notion de manager étant floue, il est parfois difficile de bien comprendre l’utilité du rôle de ce dernier. Toutefois, le manager peut s’avérer assez vite incontournable pour un artiste-interprète ou un groupe d’artistes-interprètes qui jouit d’un début de renommée.

    Avec l’éditeur, le manager fait partie des personnes essentielles dans l’entourage professionnel de l’artiste-interprète.

    Grâce à son manager, l’artiste-interprète peut se consacrer entièrement à son art – dixit le manager.

    C’est en effet à son manager que revient en théorie toute la gestion – économique et autre – de sa carrière.

    Le manager sera chargé de planifier la carrière de l’artiste-interprète et de mettre en place des stratégies afin de la développer au mieux. Les stratégies seront différentes selon l’étendue géographique et le genre musical dans lesquels l’artiste-interprète entend pratiquer son art.

    Afin d’exercer au mieux son rôle, le manager devra, d’une part, être en contact constant (de préférence) avec l’artiste-interprète et, d’autre part, avoir une connaissance détaillée des différentes filières de l’activité musicale ainsi qu’un excellent carnet d’adresses dans le milieu.

    Le relationnel est donc un élément central de cette profession et la proactivité est, sans nul doute, une qualité indispensable de tout bon manager.

    Les missions décrites ci-dessus sont les principales du métier. Néanmoins, selon les cas, les missions du manager peuvent s’assimiler à de véritables missions d’assistant (voire d’esclave) de l’artiste-interprète.

    2)    Choix d’une structure pour exercer la profession de manager

    Etant donné que la profession n’est pas réglementée (sauf si le manager s’occupe également du placement de son artiste-interprète), aucune obligation particulière ne pèse sur le manager quant au choix de la structure grâce à laquelle il va exercer son activité.

    Il sera possible – mais pas obligatoire – pour le manager d’exercer via une personne morale.

    Au vu de la fluctuation des revenus d’un artiste-interprète, l’exercice en personne morale peut être intéressant pour le manager afin de faciliter la gestion financière de son activité.

    Il pourrait, par exemple, percevoir des revenus de manière régulière et avancer des frais via la structure juridique mise en place (et non personnellement).

    Le manager peut donc exercer en indépendant personne physique, à travers une A.S.B.L. (personne morale qui ne se livre pas à des opérations commerciales), via une S.P.R.L. ou via un S.C.R.I (personnes morales commerciales).

     

    L’exercice de la profession dans chaque type de structure a ses avantages et ses inconvénients.

     

    Type de structure  Avantages Inconvénients
    Personne physique (avec un numéro de BCE) –         Pas de formalités de constitution à prévoir, sauf enregistrement B.C.E (rapidité) –       Utilise son propre patrimoine lorsqu’il débourse des frais et son propre patrimoine est engagé
    A.S.B.L. –         Pas de capital minimum à libérer-         Si assujettissement à la TVA : émission et réception de factures –            Caractère non lucratif-            Si dissolution, affectation du patrimoine à une autre A.S.B.L.
    S.P.R.L. –         Caractère lucratif et partage des bénéfices entre associés-         Latitude certaine dans la déduction des frais professionnels –  Libération d’une partie du capital : 6.200 €-  Comptabilité plus « rigoureuse »
    S.C.R.I –       Pas de capital minimum-       Comptabilité simplifiée-       Pas de nécessité d’acte notarié pour créer la structure –       Pas de séparation entre patrimoine de la société et le patrimoine personnel

     

    3)    « Tricks and tips » du management

    Comme toute relation de travail interpersonnelle, la relation entre le manager/la structure de management et l’artiste devra avoir été contractualisée dans un contrat de management afin que chacun connaisse concrètement et très précisément ses droits et obligations.

    Certaines modalités pratiques relatives à l’exercice par le manager de ses différentes missions devront être définies dans le contrat :

    –       Qui perçoit la rémunération due au manager ? Est-ce l’artiste ou est-ce directement le manager ?

    –       Sur quels revenus de l’artiste le manager sera-t-il rémunéré ? Sur les droits d’auteur ?

    –       Est-ce qu’une commission est due au manager lorsque celui-ci propose des nouveaux projets pour l’artiste ? La commission est-elle réduite si le projet n’aboutit pas ou ne rencontre pas le succès espéré ?

    –       Qu’en est-il des frais encourus par le manager dans l’exercice de ses missions ?

    –       Quid d’une commission après la durée du contrat de management ?

    Par ailleurs, si le manager travaille via une structure, le lien entre la structure et lui devra également être contractualisé.

    Selon nous, le contrat de management ne devra pas être conclu pour une trop courte durée, afin de permettre au manager d’exercer au mieux ses activités, ni pour une durée trop longue, afin de ne pas bloquer les parties dans un contrat dont elles ne veulent plus. L’on conseille, dès lors, de conclure un contrat de management pour une durée de 3 ans.

    Enfin, le meilleur contrat de management est surement celui qui n’est pas écrit… mais cela est une autre histoire.

    Jean-Christophe LARDINOIS

    Avocat – www.incasu.net

Le booking

Qu’on se le dise, nous ne pouvons pas tous prétendre à être artistes… La plupart d’entre nous n’avons pas le talent nécessaire pour le chant, la batterie ou le biniou. Mais ne soyons pas fatalistes, de nombreux métiers gravitent autour de la musique et permettent d’apporter sa pierre à l’édifice.

  • Devenir "booker"

    Depuis quelques années, le métier qui a le vent en poupe est celui de tourneur (ou booker).

    C’est d’ailleurs l’un des seuls qui ne soulève pas d’inquiétudes, promis à un avenir radieux à l’horizon de la tempête financière qui secoue le secteur.

    Les labels et artistes ne peuvent plus se reposer sur un schéma traditionnel : les recettes ne se font plus sur la vente d’albums. Le mode de fonctionnement a donc nécessairement dû évoluer et l’ensemble des professionnels doit aujourd’hui se recentrer sur l’organisation de concerts et de tournées afin d’assurer un avenir financier confortable… D’où l’intérêt stratégique du métier de booker.

    En clair, il est la personne qui va dépenser toute son énergie pour convaincre les programmateurs de salles ou de festivals d’investir dans le concert d’un groupe. Cela demande un carnet d’adresses conséquent, de l’abnégation et un bon sens de la négociation.

    Lorsque le booker place son groupe dans une salle de concert, c’est lui qui se charge d’envoyer les différents supports et fichiers (cd, mp3, vidéos, liens, dossier et revue de presse etc.) aux programmateurs. Il sera également responsable de la logistique et de toute la planification concernant la venue du groupe : planning, hôtels, restaurants, transports etc.

    Pour chaque concert, c’est le tourneur qui est en charge d’établir les fiches de paie (des musiciens, des artistes, des techniciens). Autant dire qu’avoir des compétences organisationnelles et administratives est indéniablement un plus.

    Pour résumer, un tourneur organise, vend et gère les tournées d’un artiste. Son métier est relativement difficile, il demande du temps, de l’acharnement sans pour autant garantir un salaire régulier, surtout les premières années.

    Vous avez dit « déprimant » ? Vous avez tout faux : lorsqu’un booker a la chance de travailler avec un même artiste sur le long terme, il est en première loge pour voir son évolution et le conseiller sur certaines directions à prendre. Pour améliorer le set de son artiste, un booker pourra par exemple développer de nouveaux moyens comme l’organisation de résidences dans un lieu privilégié.

    Enfin n’oublions pas que ce métier est avant tout un engagement humain : un tourneur doit avoir un réel coup de cœur pour son artiste afin de le représenter sereinement auprès des professionnels. La passion doit être commune et le booker doit forcément bien connaître son artiste et sa sensibilité.

    Et pas besoin d’être déjà signé pour prétendre aux services d’un booker ! Dans une interview de 2011 pour DBTH, Pierre Pascal Houdebine, patron de Furaxavouait avoir signé de nombreux artistes dans ce cas à l’époque, comme Emily Loizeau, Beat Torrent, Oldelaf ou Mister Valaire…

    Cindy Theunissen

  • En pratique

    Vous souhaitez vous lancer dans une activité de booking (placement d’artistes) et créer votre propre structure pour ce faire.

    Après un bref rappel terminologique, les principaux éléments relatifs au cadre légal de cette activité sont présentés ci-après.

    1. Terminologie et rôle

    La mission de l’agent (ou encore « tourneur », ou encore « booker ») consiste à représenter l’artiste-interprète dans sa recherche de contrats auprès des organisateurs de spectacles.

    Il perçoit généralement un pourcentage sur le cachet de l’artiste interprète qui se produit en concert à cette occasion.

    L’agent / le tourneur d’artistes interprètes n’est en principe pas leur employeur.

    En Belgique, l’activité d’agent – tourneur/ booker est en principe soumise à autorisation.

    2. Agrément ou enregistrement auprès des Ministères régionaux pour l’Emploi

    Afin de pouvoir exercer votre activité d’agence de booking, vous devrez obtenir préalablement un agrément ou vous enregistrer auprès des Ministères régionaux pour l’Emploi dans le cas où vos prestations se limitent exclusivement à des activités d’emploi.

    Ceci permet de donner aux travailleurs et aux employeurs ayant recours à une agence de placement, des garanties de compétence, de solvabilité et de légalité fiscale et sociale.

    En conformité avec  la directive Services de l’U.E., les agences de placements  doivent en conséquence procéder à une procédure d’enregistrement  (possible en ligne à la Région wallonne).

    Pour la Région Wallonne : http://www.wallonie.be/fr/formulaire/detail/2047

    Pour la Région bruxelloise : http://www.werk-economie-emploi.irisnet.be/web/aee/enregistrement-agence-emploi

    Par ailleurs, les agences de placement d’artistes belges peuvent aussi, par exemple, obtenir par simple enregistrement  sur le registre national des agents artistique, le droit de placer des artistes en France.

    3. Choix d’une structure pour exercer la profession d’agent booker

    Le fait de disposer d’une structure ( personne morale) sera indéniablement un élément majeur pour obtenir l’agrément en question.

    Il n’existe cependant pas de structure idéale dédiée au booking et il vous faudra donc opter pour l’une d’entre elles : à savoir l’Association Sans But Lucratif ( A.S.B.L. – qui ne se livre pas à des opérations commerciales) ou une Société de Personne s à Responsabilité Limitée ( S.P.R.L. – structure commerciale)

    3.1. L’A.S.B.L.

    Les conditions à remplir pour la création d’une A.S.B.L sont rappelées par ici.

    a) Avantages

    –               Il n’y a pas de capital à libérer ;

    –               L’A.S.B.L. peut être soumise à la TVA et peut donc émettre et réceptionner des factures.

    b) Inconvénients

    –               Caractère non lucratif de l’activité de l’A.S.B.L. ;

    –               Il n’est pas possible de procéder à la dissolution de l’A.S.B.L. afin d’affecter les fonds de celle-ci dans la création d’une structure commerciale.

    3.2. La S.P.R.L

    a) Avantages

    –               Caractère lucratif de l’activité de la S.P.R.L. ;

    –               Possibilité de rétrocéder aux associés le produit des bénéfices ;

    –               Plus grande latitude au niveau de la déductibilité des frais professionnels.

    b) Inconvénients

    –               Libération d’une partie du capital indispensable à la création ( 6.200 EUR)

    –               Comptabilité plus rigoureuse à tenir.

    Notons enfin que la Fédération Wallonie-Bruxelles a mis en place un soutien limité aux frais de fonctionnement de ces agences .

    4. Tricks and tips

     –       Une agence de booking est généralement active dans son propre pays ( voire sa propre région !), notamment à cause des agréments/ autorisations dont ce type de structure doit disposer dans d’autres pays ( et ce , même dans l’espace économique européen).

    –       Une agence de booking se « spécialise » aujourd’hui en fonction du genre de musique véhiculé par l’artiste-interprète

    –       Certaines structures originaires de management proposent, depuis quelques temps, également des services de booking. Cela leur permet notamment d’exercer un meilleur contrôle sur les aspects économiques de leur mission au service de l’artiste-interprète

    Jean-Christophe LARDINOIS

    Avocat

    www.incasu.net

Le label

Beaucoup de passionnés ont envie de créer leur propre label, et ce, pour différentes raisons : certains veulent aider leurs potes musicos quand d’autres souhaitent gérer leur carrière eux-mêmes sans dépendre d’une structure.

  • Devenir "labelman"

    Le label produit, édite et distribue les enregistrements des artistes. Gérer soi-même un label requiert donc un profil polyvalent et dégourdi: marketing, web, graphisme, comptabilité, promotion et fibre musicale (tant qu’à faire !)… Excepté McGyver, rares sont ceux qui peuvent prétendre posséder toutes ces compétences. Et le nombre de labels est tellement important aujourd’hui que les fondateurs doivent nécessairement trouver un moyen de se démarquer de la concurrence pour espérer attirer les futurs artistes qui seront la vitrine ou plutôt les fiers porte-drapeaux du label. LA perle rare en somme.

     

    Dans l’esprit du grand public, un label n’est pas plus qu’un logo. C’est pourquoi il est fondamental de bien le choisir. C’est l’emblème du projet et il doit refléter son univers musical. Label signifie d’ailleurs « étiquette », la cohérence est donc le maître-mot !

    A l’image du label Motown et son « Motown Sound » il est important de créer sa propre marque de fabrique. Pour Motown : rythmique soutenue, chant inspiré du gospel, des violons, des cuivres … plus qu’un son reconnaissable, une véritable identité.

    Les différentes étapes à ne pas négliger pour créer son label sont nombreuses. Voici les essentielles :

    1. La définition de son projet : pour quel type d’artistes je souhaite travailler ? Quel style ? Mainstream ou plus indépendant ?
    2. Le plus terrifiant : le « business plan ». Il est extrêmement important pour le porteur de projet de réfléchir à tous les aspects de son activité, aussi bien financiers que promotionnels ou concurrentiels. C’est l’étape à ne surtout pas négliger.
    3. La budgétisation: un label, surtout au lancement, ça coûte un peu d’argent. Il est donc important de calculer les différents coûts et de planifier les moments « creux » de l’activité.
    4. La formalisation administrative : se déclarer auprès des autorités compétentes.
    5. Attirer, rechercher les talents de demain ! Votre label est créé, il faut maintenant alimenter le catalogue et pour cela, il n’y a pas un millier de solutions : il faut aller à des concerts ! Ecouter les artistes et discuter avec eux.
    6. Faire parler de soi et de ses artistes  en organisant par exemple un déjeuner presse avec tout le gratin de la presse spécialisée, l’idée est aussi de se déplacer et de dépenser une partie de son énergie pour se faire connaître !

    En trois mots : passion, rigueur et travail. Vivre de ce métier est très difficile, il faut donc être persévérant et ne pas hésiter à frapper aux portes.

    Etant donné que la création d’un label demande un investissement financier afin de se lancer, beaucoup se tournent vers la création d’un « netlabel ». Le netlabel distribue uniquement sa musique sur internet, gratuitement. La production de disques physiques est rare et se fait uniquement au format numérique. Cette petite structure est souvent dirigée par une seule personne, généralement un artiste, qui souhaite garder le contrôle sur sa musique.

    La création d’un label et la relation avec les artistes est avant tout une grande aventure humaine à l’exemple de Pedro Winter et de son label ultra connu « Ed Banger Records ». La légende veut qu’en 2003, le groupe Justice composé de Gaspard Augé et Xavier de Rosnay ait fait écouter leur tube « We are Your Friends » à Pedro Winter… autour d’une bonne raclette !

  • En pratique

    1)    Rappel de terminologie / rôle du producteur phonographique

    Le producteur phonographique est la personne physique ou la société (personne morale) qui produit l’enregistrement de l’œuvre. Il choisit donc un artiste-interprète (ou inversement) et va investir dans le but de développer sa carrière par l’enregistrement sonore. Comme tout investisseur, il souhaite récupérer sa mise de fonds (ou son apport en nature/industrie : studio, temps,…) et une plus-value de l’exploitation.

    Il conclut avec l’artiste-interprète (musicien) soit un contrat d’enregistrement exclusif soit un contrat d’artiste.

    En principe, le producteur intervient au commencement de la chaine de l’industrie musicale. Il est en effet celui qui finance la réalisation d’un enregistrement jusqu’à la fabrication de la bande mère (master).

    Ce n’est pas forcément lui qui prend en charge la fabrication et la distribution des supports. Il peut concéder cette opération à une maison de disques (appelée également « label ») qui assurera ce processus (au travers d’un contrat de contrat de licence). Le producteur phonographique recevra des redevances (souvent appelées royautés) sur base du nombre de disques vendus. A noter qu’il percevra également (le plus souvent au travers de son contrat de licence) une rémunération via les droits voisins (copie privée et rémunération équitable).

    2)    Choix d’une structure pour exercer la profession de producteur

    Comme tout projet d’entrepreneur, il faudra faire le choix d’une structure de production.

    La préférence pour l’un ou l’autre des types structures existantes va orienter sensiblement votre façon de travailler et aura des conséquences importantes sur le fonctionnement de votre projet.

    Plusieurs solutions sont possibles : production en personne physique (à déconseiller), à travers une A.S.B.L. (personne morale qui ne se livre pas à des opérations commerciales ) ou une S.P.R.L. (qui est une structure commerciale) – avec leurs avantages et leurs inconvénients[1].

    Il n’existe cependant pas de structure idéale liée au secteur de la musique et il vous faudra donc opter pour l’une d’entre elles.

    Force est de constater que de plus en plus de musiciens en auto-production font appel à un « projet SMART » de gestion d’activités pour ce faire (cfr http://smartbe.be/fr/services/activites).

     

    Type de structure  Avantages Inconvénients
    Personne physique ( avec un n° de BCE) –         Pas de formalités de constitution à prévoir, sauf enregistrement B.C.E (rapidité) – Son propre patrimoine est mis dans le projet avec tous les risques liés
    A.S.B.L. –         Pas de capital minimum à libérer-         Si assujettissement à la TVA : émission et réception de factures –            Caractère non lucratif-            Si dissolution, affectation du patrimoine à une autre A.S.B.L.
    S.P.R.L. –         Caractère lucratif et partage des bénéfices entre associés-         Latitude certaine dans la déduction des frais professionnels –  Libération d’une partie du capital : 6.200 €-  Comptabilité plus « rigoureuse »

     

     

    3)    « Tricks and tips » de la production phonograhique

    Avoir une structure et un cadre juridique ne suffit pas à éviter tous les pièges la production.

    Une fois la structure créée, il faudra impérativement penser à régler les rapports avec ceux qui ont effectivement participé à l’enregistrement (musiciens, ingénieur du son, …) et de conclure en conséquent des contrats de cession de droits adaptés.

    Vous penserez également à adhérer, en tant que producteur à une société de gestion collective des droits voisins (la SIMIM).

    Attention aux pièges de l’autoproduction :

    Les contrats de cession de droits doivent également régir les rapports du producteur avec les musiciens et ce, même si ceux-ci également membres de la structure créée.

    Cela étant, vous devrez alors prendre conscience de la schizophrénie induite par cette situation juridique et jongler avec vos différentes casquettes (producteur – artiste) avec habileté.

    Vous devrez maintenir une certaine rigueur administrative et prendre conscience que la production n’est que la première étape de la chaine musicale.

     

    Jean-Christophe LARDINOIS

    Avocat – www.incasu.net

     

La distribution

La filière musicale peut être divisée en trois grands pôles : la création, la production et la distribution. Quels sont les distributeurs présents sur le marché belge ? Comment réaliser soi-même sa distribution ? Avant d’entrer dans le vif du sujet et de tenter de répondre à ces questions, une mise en contexte s’impose.

  • asbl court circuit-

    Distributeur, le maillon indispensable

    Pour commercialiser leurs productions, les maisons de disques, labels ou artistes indépendants s’adressent à un distributeur. Celui-ci intervient sur le produit fini et veille à ce qu’il soit distribué, sur un territoire donné, dans les structures susceptibles de le vendre au grand public : grandes surfaces, disquaires, etc. Tel un grossiste, il achète des caisses entières de disques et envoie ses commerciaux convaincre les magasins de mettre en vente quelques exemplaires des albums de son catalogue. Il veillera donc à ce qu’ils soient mis en évidence dans les rayons, à mettre en place des bornes d’écoute,… bref, à faire en sorte que l’on achète les CD/vinyles des artistes qu’il représente. Le distributeur gère également les commandes, les stocks et les retours. Il est en général rémunéré via un pourcentage (un tiers environ) qu’il perçoit sur les ventes.

    Les distributeurs belges

    En Belgique, on peut citer Pias, Mandai, Cod&S et N.E.W.S mais également de plus petites structures comme Attila Tralala. Olivier de Mandai Distributionrevient sur la genèse du projet : « On a monté la boîte en 2002 en partant du constat qu’on avait du mal à se procurer les disques des artistes qui nous plaisaient. Pour l’instant, on travaille la distribution de manière classique, c’est-à-dire via les magasins. »

    Comme dans d’autres domaines, Internet a profondément bouleversé le monde de la musique. Les modes de consommation n’ont jamais été aussi variés, l’accès aussi large : il est désormais possible d’écouter de la musique partout et tout le temps. On aurait pu croire qu’une telle révolution technologique ait un impact négatif sur le métier de distributeur mais, pour les structures de niche comme Mandai, le téléchargement s’est toujours étrangement avéré bénéfique. « Il m’est souvent arrivé de discuter avec des personnes qui me disaient être venues à un concert parce qu’elles avaient téléchargé un album et que, si le concert leur plaisait, elles achèteraient le disque par la suite, explique Olivier. Il faut dire que nous visons un public responsable, qui sait que la vente de disques aide les artistes qu’il apprécie. »

    Une chose est sûre, c’est que face à l’arrivée d’Internet et du format digital, le métier de distributeur a considérablement évolué. Aujourd’hui, la distribution est également numérique (référencement des fichiers sur les plateformes de téléchargement et de streaming). De plus, force est de constater que, d’année en année, le nombre de magasins qui vendent des disques diminue et que la distribution traditionnelle tend à disparaître, poussant les distributeurs à diversifier leurs activités (management, booking, organisation de concerts). Face à la conjoncture actuelle, nombreux sont les artistes tentés de se lancer dans l’aventure.

    Gérer soi-même la distribution

    La première étape consiste à se faire connaître et pour cela Internet est un outil incontournable. Si un site web, une page Facebook et un compte Twitter serviront à construire une histoire, un univers autour d’un artiste, les dispositifs spécialisés comme SoundCloud et Bandcamp lui permettront de diffuser ses compositions sur la toile en quelques clics. Plus qu’une simple plateforme d’écoute, Bandcamp est en réalité un véritable magasin virtuel qui permet aux artistes indépendants de diffuser et de vendre leur musique en ligne. Si vous souhaitez pousser l’expérience un peu plus loin, rien ne vous empêche de démarcher les petits disquaires spécialisés pour qu’ils acceptent de vendre quelques exemplaires de votre CD dans leurs rayons. Dans ce cas, n’oubliez pas de mentionner les points de vente sur votre site pour que votre public sache où se procurer le précieux sésame !

    Hélène Many – BeCult

  • En pratique

    1. Quel rôle pour le distributeur ?

    Dans sa conception classique (distribution physique), le distributeur (musical) est celui qui se charge de mettre à disposition du public les phonogrammes du producteur, du label ou de l’artiste indépendant en vue de leur commercialisation sur un territoire donné et pour une durée définie

    Il convient de bien distinguer le contrat de distribution et le contrat de licence. A la différence du licencié, le distributeur n’intervient ni dans la fabrication des exemplaires des phonogrammes, ni dans leur promotion. Il n’intervient en principe que dans la distribution du produit fini.

    Le producteur ou l’artiste indépendant fait fabriquer les exemplaires à ses frais et en assure seul la promotion. Le rôle du distributeur (physique) est de placer ces exemplaires en magasins et de gérer les commandes et les stocks.

    On dit souvent que le contrat de distribution est plus intéressant pour le producteur ou l’artiste-indépendant que le contrat de licence, sa rémunération pouvant aller du double au triple en distribution. Toutefois, à moins de disposer d’un catalogue ou d’une force promotionnelle importante, le producteur ou l’artiste indépendant préférera parfois recourir à un contrat de licence comportant des avances et la prise en charge de la promotion, et lui permettant de limiter son investissement et le risque de gestion du stock de fabrication.

    Les missions décrites ci-dessus sont celles attendues traditionnellement d’un distributeur. L’arrivée d’internet et la dématérialisation de la musique ont néanmoins profondément modifié le paysage de la distribution musicale et contraint à repenser le rôle du distributeur : la problématique des stocks disparait, le marché de la musique se mondialise…

    Dans ce contexte, les distributeurs « classiques » ont dû s’adapter afin de pouvoir également proposer à « leurs » producteurs ou artistes indépendants la distribution numérique de leur catalogue via les magasins en ligne (plateformes de téléchargement et de streaming), également appelés « stores », avec les aspects techniques que cela comporte.

    La prise en charge des aspects techniques de la numérisation en bon encodage et le transfert vers les plateformes de téléchargement et de streaming font partie des missions du distributeur.

    Avec ces nouvelles missions propres à la distribution numérique, on assiste également à l’apparition de nouveaux intervenants (agrégateurs, distributeurs numériques…) et de nouveaux modèles de distribution.

     

    1. Quels modèles de distribution numérique ?

    Il existe trois modèles principaux de distribution numérique.

    Tout d’abord, si le distributeur reste un maillon indispensable de la chaîne musicale, l’essor du numérique permet aujourd’hui à de nombreux artistes-interprètes disposant de peu de moyens, de s’affranchir de cet intermédiaire en recourant à la distribution directe.

    La distribution directe est celle qui consiste à s’adresser directement à des sites de vente en ligne pour leur proposer ses morceaux et à négocier directement avec eux les conditions de rémunération. De plus en plus de gros sites de ventes en ligne, tels Amazon, Itunes, etc., permettent en effet de procéder ainsi en remplissant un formulaire en ligne.

    L’avantage de la distribution directe est qu’il y a un intermédiaire en moins et que l’artiste-interprète négocie ses propres taux. Elle peut également s’avérer plus lucrative.

    Il ne faut toutefois pas négliger le temps nécessaire à sa mise en place. La distribution directe suppose en effet de répéter l’opération auprès de chaque Store et d’adapter le format numérisé aux exigences d’encodage de chacun.

    Si on veut aller vite et ne pas s’encombrer des aspects techniques de la numérisation en bon encodage, on peut recourir à un intermédiaire.

    Il existe deux types d’intermédiaires : les agrégateurs de contenu tels que Zimbalam., et les distributeurs numériques tels que Believe Digital.

    Leur rôle au départ est le même : leur rôle est de commercialiser les contenus numériques musicaux du producteur, du label ou de l’artiste indépendant auprès d’une multitude de sites de téléchargement et de streaming.

    L’avantage par rapport à la distribution numérique est que le producteur, le label ou l’artiste indépendant n’opère qu’une seule livraison (à l’intermédiaire) pour tous les sites de téléchargements et streaming (c’est l’intermédiaire qui se charge de la numérisation en bon encodage).

    Le distributeur numérique comporte cet autre avantage qu’il offre, outre cette prestation technique, une certaine visibilité.

    A la différence de l’agrégateur, le distributeur numérique dispose d’une certaine expertise en marketing de distribution et d’un catalogue significatif lui donnant un pouvoir de négociation plus grand.

    L’agrégateur sera généralement rémunéré par forfait annuel ou par nombre de produits numérisés (et non en fonction des ventes). Il s’agit d’une bonne solution pour les petits labels ou les artistes indépendants désireux de gagner du temps à moindre coût.

    Le distributeur digital, comme le distributeur « classique » sera quant à lui rémunéré en pourcentage des revenus générés par les ventes, de sorte qu’il sera plus compétitif et plus sélectif que l’agrégateur. Cette solution sera davantage réservée aux labels ayant un catalogue conséquent et / ou des projets ayant un fort potentiel commercial.

    1. « Tricks and tips »

    En ce qui concerne le choix du distributeur :

    Le distributeur doit disposer d’une structure commerciale et d’un réseau de distribution qui lui permet de commercialiser et de distribuer les titres proposés.

    Dans le cadre de la distribution numérique, l’information relative aux plateformes de distribution numérique avec lesquelles l’agrégateur / distributeur numérique a des contacts est déterminante dans le choix de celui-ci.

    En ce qui concerne la rémunération du distributeur :

    En matière de distribution physique, celle-ci est calculée généralement en fonction du prix de vente en gros du phonogrammes et correspond généralement à 20-30 % de celui-ci. Il est en outre possible de négocier une provision sur retours équivalente à 10-15% des exemplaires vendus.

    Dans d’autres cas, le distributeur propose au producteur un système de « dépôt-vente », soit un prix de vente fixé par exemplaires ( environ 4-5 EUR pour un album) qui revient directement au producteur et ensuite le producteur vend à un prix déterminé au public. Il n’y a donc plus de pourcentages reversés ensuite.

    En matière de distribution numérique, celle-ci est calculée en fonction soit des sommes brutes encaissées au titre de la mise à disposition des enregistrements / des sommes hors taxes versées par les plateformes de vente et correspond à 25-40%.

    En ce qui concerne la durée du contrat de distribution :

    Il est recommandé d’effectuer un contrat d’une durée de 2 à 5 ans.

L'édition

Mal connu, le métier d’éditeur est pourtant la plus ancienne profession commerciale liée à la création. Si à l’origine il était en charge de la diffusion des partitions, son champ d’action s’est considérablement élargi du fait de l’évolution technologique. Concrètement, en quoi consiste son boulot ?

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    Un éditeur, ça sert à quoi ?

    Le travail de base d’un éditeur est de veiller à l’exploitation d’une œuvre sous toutes ses formes ainsi qu’à sa protection juridique. En compensation des efforts qu’il déploie, l’auteur/compositeur lui cède une partie de ses droits, ce qui signifie qu’à chaque fois que l’œuvre est utilisée, l’éditeur perçoit un revenu. « En tant qu’éditeur, mon rôle est de gérer et de développer les droits d’un artiste, nous explique Pierre, fondateur des labels 62TV Records/30 Février et de l’agence NADAbooking. Les développer, ça veut dire faire en sorte que l’artiste ait plus de passages en radio, de concerts (droits d’exécution) et de parutions sur support physique ou numérique (droits de reproduction mécanique). » Vous l’aurez compris, l’éditeur est un intermédiaire privilégié auprès des maisons de disques puisque l’une de ses missions est de leur proposer le catalogue de ses compositeurs. Ce n’est donc pas un hasard si certains éditeurs possèdent leur propre label, à l’instar de Pierre.

    A côté de cela, l’éditeur gère également ce que l’on appelle la synchronisation. Dans cet aspect du métier, sa tâche consiste à proposer des œuvres écrites par des artistes dont il s’occupe à des réalisateurs, producteurs ou agences pour qu’elles soient reprises dans leurs films, jeux vidéo ou publicités. « Allo Cosmo, le groupe du bassiste de Girls in Hawaii, a figuré sur la bande originale d’un des films des frères Farelly. Quelques artistes avec lesquels on travaille ont aussi été diffusés dans des séries HBO mais c’est vraiment très aléatoire, commente Pierre. Le titre Second Category des Tellers a par exemple été choisi pour une pub Canon parce que le réalisateur cherchait un morceau qui sonnait anglais et que sa petite amie avait entendu cette chanson à la radio. »

    La profession d’éditeur comporte aussi une dimension juridique puisqu’il fait en sorte que les droits remontent jusqu’aux artistes. La plupart du temps, les sociétés de gestion collective comme la SABAM (Belgique) ou la Sacem (France) s’occupent de cette partie du travail mais, puisqu’un contrat d’édition est en principe conclu à l’échelle internationale, le rôle de l’éditeur consiste également à veiller à ce que les sociétés de gestion du monde entier fassent correctement leur job.

    Au-delà de cela, l’éditeur est souvent aussi un conseiller : « J’écoute énormément de maquettes et je discute beaucoup avec les artistes, raconte Pierre. On produit pour l’instant le nouvel album d’Antoine Hénaut et, bien sûr, c’est lui qui écrit ses chansons mais il y a des périodes où il m’appelle plusieurs fois par jour pour avancer sur un titre. Je suis en quelque sorte un premier miroir et c’est un travail passionnant. »

    L’éditeur est finalement aussi capable d’aider financièrement les artistes, soit sous forme d’avance, soit sous forme d’investissement. Il peut, par exemple, cofinancer un clip avec la maison de disques ou participer au tour support.

    Si sur papier l’éditeur est un collaborateur essentiel au développement d’une carrière artistique, en réalité, les choses sont plus nuancées. Certes, un artiste désireux de développer son projet doit, dans la mesure du possible, s’entourer de personnes compétentes et de conseillers avisés afin de pouvoir consacrer son temps à la création. Cependant, dans les faits, chaque auteur/compositeur a sa manière de fonctionner et prend les décisions qui s’imposent en fonction de ses convictions, de ses attentes et de ses moyens financiers.

    Hélène Many – BeCult

  • En pratique

    1)    Quel rôle pour l’éditeur musical en 2015  ?

    L’éditeur (musical) est la personne physique ou morale à qui l’ayant droit (Auteur/ compositeur ou Arrangeur) cède ses droits en contrepartie de l’obligation pour l’éditeur d’assurer l’exploitation de l’œuvre musicale.

    Les éditeurs sont considérés de nos jours comme des « accompagnateurs » de l’ayant droit : ils servent d’intermédiaires entre l’ayant droit et le public afin de procurer aux œuvres musicales qui appartiennent à leur répertoire une certaine visibilité.

    Auparavant, leur obligation était principalement d’éditer (de publier) des partitions d’œuvres musicales.

    Pour accomplir sa mission, l’éditeur recherche des opportunités d’exploitation de l’œuvre afin que celle-ci soit connue du public : il met en contact les ayants droit avec des artistes-interprètes, il démarche des producteurs phonographiques (labels…) voire même audiovisuels (dans le cadre de synchronisations).

    L’éditeur a également un rôle de promotion relative aux œuvres musicales qu’il édite.

    Le métier d’éditeur est un métier qui nécessite une grande connaissance de l’ensemble des intervenants du monde de la musique. L’éditeur se doit de posséder un carnet d’adresses fourni et de cultiver activement les relations interpersonnelles.

    En contrepartie de l’exécution de sa mission, l’éditeur perçoit sa rémunération sur les droits d’auteurs que les ayants droit lui ont cédés par contrat d’édition (à savoir les droits de reproduction mécanique et les droits de communication au public).

    Pour percevoir lesdits droits, l’éditeur devra adhérer à une société de gestion collective.

    2)    Quelles conditions pour être éditeur ?

    En Belgique, l’éditeur devra adhérer à la SABAM.

    Le règlement de la SABAM énonce un certain nombre de conditions à respecter afin de pouvoir être admis en qualité d’éditeur en son sein.

    Concernant le statut juridique de l’éditeur :

    – Fournir la preuve de son statut juridique (Obtention auprès de la Banque-Carrefour des Entreprises ou le Moniteur Belge) ;

    – Fournir le texte des statuts ou la communication de l’activité d’éditeur en nom propre.

    L’objet social de la structure doit prévoir spécifiquement l’édition d’œuvres protégées par le droit d’auteur. La dénomination sous laquelle la société exerce ses activités d’édition doit également être spécifiquement prévue dans les statuts ;

    – Fournir la preuve de l’existence d’actionnaires/administrateurs/gérants ou d’une représentation valable légalement.

    Concernant les œuvres à déposer :

    Déposer des contrats d’édition originaux portant sur 5 œuvres ou sur des œuvres d’une durée totale de 15 minutes. En cas de co-édition, il est tenu compte, pour chaque coéditeur, uniquement de sa part. Les œuvres sur lesquelles portent les contrats doivent également être déclarées auprès de la SABAM.

    Concernant l’exploitation :

    Fournir la preuve que les œuvres éditées sont effectivement exploitées (par exemple via supports sonores commerciaux, preuves de représentation…).

    Les éditeurs qui sont déjà affiliés à une société étrangère de gestion collective de droits d’auteur peuvent présenter à la SABAM une demande d’affiliation sans devoir respecter les points B et C.

    3) Choix d’une structure pour être éditeur

    L’éditeur a donc le choix d’exercer son activité via une structure juridique (A.S.B.L., S.P.R.L. ou S.C.R.I.) ou en tant qu’indépendant – personne physique.

    C’est la structure de la S.P.R.L. qui est le plus souvent rencontrée en pratique.

    Toutefois, chacune de ces possibilités ont leurs avantages et leurs inconvénients.

    Pour rappel, il n’existe pas de structure idéale spécifiquement dédiée au secteur de la musique.

     

    Type de structure  Avantages Inconvénients
    Personne physique (avec un numéro de BCE) –         Pas de formalités de constitution à prévoir, sauf enregistrement BCE (rapidité) – Patrimoine personnel engagé
    A.S.B.L. –         Pas de capital minimum à libérer-         Si assujettissement à la TVA : émission et réception de factures –            Caractère non lucratif-            Si dissolution, affectation du patrimoine à une autre A.S.B.L.
    S.P.R.L. –         Caractère lucratif et partage des bénéfices entre associés-         Latitude certaine dans la déduction des frais professionnels –  Libération d’une partie du capital : 6.200 €-  Comptabilité plus « rigoureuse »
    S.C.R.I. –       Pas de capital minimum-       Comptabilité simplifiée-       Pas de nécessité d’acte notarié pour créer la structure –       Pas de séparation entre patrimoine de la société et patrimoine personnel

     

    4) « Tricks and tips » de l’édition

    Afin de pouvoir bénéficier d’une rémunération, mais également de pouvoir s’inscrire à la SABAM, l’éditeur ne devra pas oublier de signer un contrat d’édition avec le ou les ayant(s) droit, prévoyant notamment la cession des droits selon la clé de répartition réglementaire (à savoir 50 % pour la part éditoriale et 50 % pour la part « ayant droit »)

    Après chaque contrat d’édition conclu, l’éditeur devra faire une déclaration de l’œuvre à la SABAM et annexer une copie du contrat lors de sa déclaration.

    L’éditeur pourra prévoir dans le contrat une « clause d’option préférentielle ». Grâce à celle-ci, l’éditeur aura la possibilité d’éditer également les œuvres futures de l’ayant droit.

    Il pourra également prévoir une clause par laquelle il détient les droits de synchronisation de l’œuvre. Si l’œuvre est synchronisée, une part des revenus de la synchronisation revient de ce fait à l’éditeur.

    En ce qui concerne la durée du contrat, celui-ci est souvent conclu dans la pratique pour une durée s’étendant jusqu’à 70 ans après la mort (c’est-à-dire pour toute la durée légale des droits d’auteur). Toutefois, cette clause est négociable.

    5) L’intérêt de l’auto-édition…

    Depuis plusieurs années, et suite à la chute des rémunérations tirées de la vente de musique (physique ou digitale), les droits d’auteur, et par conséquent l’édition, sont devenus une « forteresse » jalousement gardée/exploitée.

    A l’instar de ce bon vieux Jean-Jacques Goldman qui avait tout compris avant tout le monde, il peut être intéressant pour un ayant droit d’être éditeur de ses propres œuvres.

    En effet, de cette manière les droits de l’ayant droit sont mieux protégés. Posséder ses éditions est un levier supplémentaire pour négocier avec les producteurs et diffuseurs. Ceux-ci ne pourront pas essayer d’imposer dans les négociations contractuelles une clause leur attribuant la qualité d’éditeur étant donné qu’il y a déjà un éditeur. L’ayant droit est donc moins faible lors de la négociation.

    L’auto-édition permet également à l’ayant droit de contrôler l’exploitation qui est faite de son œuvre et le versement provenant de sa société de gestion collective

    Il y a également un intérêt sur le plus long terme : l’ayant droit possède ses éditions et pourrait donc les céder ultérieurement. 

    Jean-Christophe LARDINOIS
    Avocat – www.incasu.net

     

Les relations avec la presse

Dans un monde médiatique et musical très concurrentiel, une identité forte est indispensable. Apprenez à connaître ceux que vous essayez de convaincre, qu’il s’agisse de journalistes, du public ou des professionnels. Aujourd’hui, un projet de qualité ne suffit plus pour attirer leur attention.

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    Les médias et moi

    Les médias…

    On distingue plusieurs types de médias : les traditionnels (radio, télé, presse écrite), les spécialisés (culturels avec plusieurs niches de genres) et les online (blogs, sites, web télés, streaming…). Ils peuvent être publics, privés ou associatifs. Certains ont une couverture nationale, d’autres visent un public local. Et chacun a des impératifs différents : le délai de production (de l’instantanéité d’internet à 3 mois pour les mensuels), le public cible (des curieux de nouveautés aux amateurs de mainstream), le ton (de l’intellectuel, à la proximité, en passant par l’impertinence), les types de contenus (des nouvelles brèves en ligne aux articles de fond des périodiques). Avant de les approcher, pensez à adapter votre message à leurs besoins.

    Gardez à l’esprit que la place consacrée aux projets émergents ou alternatifs dans les médias traditionnels se réduit d’année en année. Ce n’est pas une fatalité mais malheureusement un constat quantifié. Les impératifs commerciaux limitent la prise de risque et les incite à contenter en priorité le plus grand nombre, souvent au détriment de la diversité musicale et de la découverte. Dans un premier temps, les opportunités sont souvent plus nombreuses dans les médias en ligne, locaux ou spécialisés.

    Ciblez ensuite les journalistes qui vous semblent les plus pertinents pour votre projet. Pour les identifier, référez-vous aux colophons, notez leur nom après la lecture d’un article et n’hésitez pas à vous adresser aux Maisons de la presse de votre région. Saisissez aussi les opportunités de rencontre : concerts et festivals, événements professionnels (Propulse/Glimps/WBM…), concours et tremplins, drinks, formations… Rien ne vaut les contacts personnels. Et si vous en avez les moyens, faites appel à un attaché de presse dont le précieux réseau pourra vous ouvrir des portes.

    Enfin, proposez-leur un angle, un pitch. Les journalistes sont souvent sous pression, ont peu de temps et beaucoup de sollicitations. Facilitez-leur le travail en mettant en avant ce qui vous différencie, ce qui est nouveau ou surprenant… et allez droit au but en répondant tout de suite aux premières questions qu’ils se posent, les fameux « 5W » : Who (qui êtes-vous), What (quelle est votre musique), Where (d’où venez-vous), When (quand : création, album, concert) et Why (qu’est-ce qui est nouveau, intéressant ou original). Ce message doit être le même, partout, tout le temps et pour tout le monde.

     

    Conseils d’expert

    Olivier Biron, attaché de presse indépendant à la tête de This Side Up :

    –        Soyez professionnels : soignez et modernisez votre kit presse, utilisez des supports de qualité (bio, vidéos, photos, physique, son en ligne) et actualisez-les, répétez les messages principaux, développez un rétro-planning de lancement, choisissez comme porte-parole celui qui est le plus à l’aise avec l’exercice, préparez-vous avant une interview…

    –        Accrochez leur intérêt : développez votre fan base et vos likes, mettez en avant vos expériences à l’étranger, les couvertures positives, ce qui vous différencie, une approche nouvelle, des partenariats avec des musiciens connus…

    –        Personnalisez : ciblez les médias et les journalistes, adressez-vous à eux personnellement, allez à leur rencontre, relancez-les, demandez-leur ce qui les intéresse…

    –        Soyez original : autant dans votre son que dans votre image, osez être différent sur papier et sur scène, tentez l’humour ou la provoc…

    –        Créez la surprise : dans la façon dont vous les approchez, les outils que vous envoyez, le bagout dont vous faites preuve…

    –        Surtout ne vous découragez pas et saisissez toutes les opportunités!

    @This_SideUp

    www.facebook.com/thissideup.be

     

    …et moi

    Avant de mettre ces conseils en pratique, une étape ne doit pas être négligée : définir son identité. Sans identité et sans image, vous n’existez pas. Votre « identité » est la façon dont vous voulez être perçu, votre « image » est la façon dont vous êtes perçu. Comme le public, les médias attendent qu’on leur raconte une histoire et, pour qu’ils s’attachent durablement, le personnage central doit avoir une identité forte. Plus votre identité sera claire, plus votre image y correspondra.

    Votre identité doit être :

    • Claire et simple
    • Différenciante
    • Cohérente
    • Honnête
    • Incarnée
    • Remise en question régulièrement

     

    Imaginez que vous ayez seulement une minute pour convaincre un journaliste, un programmateur, un label ou un fan potentiel de s’intéresser à votre projet musical. Que lui diriez-vous ?

     

    Ophélie Boffa

    Communication expert

     

  • En pratique

    1. Quel rôle pour l’attaché presse ?

    Le succès du projet (musical) d’un artiste passe par sa promotion auprès des différents médias (presse écrite, radio, TV, internet). Les médias sont un vecteur de visibilité déterminant pour un artiste.

    La promotion de l’artiste fait partie des nombreuses missions prises en charge par un label (ou une maison de disque). Pour ce faire, celui-ci engagera généralement un attaché presse. Un artiste autoproduit (sans label) peut également faire appel aux services d’un attaché presse pour assurer sa promotion.

    L’attaché(e) presse (musical) est la personne physique ou la société (personne morale) chargée de promouvoir l’artiste auprès des médias. Son rôle est avant tout de contacter les médias et de les convaincre de s’intéresser à l’artiste ou au projet de l’artiste, afin de faire parler de lui et que celui-ci accède au grand public.

    Réussir à convaincre un journaliste, un chroniqueur ou un programmateur d’écrire un article (positif), de faire une chronique ou de faire entrer une œuvre musicale dans sa programmation, suppose une bonne connaissance des médias et de ses interlocuteurs afin de cibler au mieux ceux qui seraient susceptibles d’être intéressés par le projet et ceux à qui envoyer les derniers enregistrements.

    L’attaché de presse peut s’adresser à tous les médias (TV, radio, presse écrite spécialisée et généraliste et web), ou n’être chargé que de certains et travailler en collaboration avec d’autres attachés de presse, selon ses affinités et son réseau.

    Il va de soi que, comme le manager, un bon carnet d’adresse est indispensable pour exercer au mieux le rôle d’attaché presse.

    1. Quelle structure pour exercer la profession?

    Deux possibilités s’offrent à l’attaché(e) presse : il peut soit travailler directement pour un label et s’occuper des différents artistes de ce label, soit travailler en tant qu’indépendant mais pas avant de s’être créé un bon carnet d’adresses…

    Dans ce dernier cas, là encore, il n’y a pas de règles de sorte que l’attaché presse indépendant est libre de choisir entre différentes structures pour exercer son activité… avec les avantages et les inconvénients que cela comporte.

     

     

     

    Type de structure  Avantages Inconvénients
    Personne physique ( avec un n° de BCE) –         Pas de formalités de constitution à prévoir, sauf enregistrement B.C.E (rapidité) – Son propre patrimoine est mis dans le projet avec tous les risques liés
    A.S.B.L. –         Pas de capital minimum à libérer-         Si assujettissement à la TVA : émission et réception de factures –            Caractère non lucratif-            Si dissolution, affectation du patrimoine à une autre A.S.B.L.
    S.P.R.L. –         Caractère lucratif et partage des bénéfices entre associés-         Latitude certaine dans la déduction des frais professionnels –  Libération d’une partie du capital : 6.200 €-  Comptabilité plus « rigoureuse »

     

     

    1. « Tricks and tips »

    En Belgique, il faut généralement compter entre 2.000 et 3.000 euros pour les services d’un attaché presse indépendant, fournis sur une période donnée (sortie d’un album, etc.).

    L’attaché presse n’est bien entendu pas tenu à une obligation de résultat.

    Pour éviter les mauvaises surprises, il faudra veiller à bien définir dans le contrat les prestations attendues de l’attaché de presse (types d’actions envisagées? quels médias ? web, radio, tv, presse ? uniquement certains d’entre eux ? etc.)