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12-07-2016

Devenir booker

Qu’on se le dise, nous ne pouvons pas tous prétendre à être artistes… La plupart d’entre nous n’avons pas le talent nécessaire pour le chant, la batterie ou le biniou. Mais ne soyons pas fatalistes, de nombreux métiers gravitent autour de la musique et permettent d’apporter sa pierre à l’édifice.

Depuis quelques années, le métier qui a le vent en poupe est celui de tourneur (ou booker).

C’est d’ailleurs l’un des seuls qui ne soulève pas d’inquiétudes, promis à un avenir radieux à l’horizon de la tempête financière qui secoue le secteur.

Les labels et artistes ne peuvent plus se reposer sur un schéma traditionnel : les recettes ne se font plus sur la vente d’albums. Le mode de fonctionnement a donc nécessairement dû évoluer et l’ensemble des professionnels doit aujourd’hui se recentrer sur l’organisation de concerts et de tournées afin d’assurer un avenir financier confortable… D’où l’intérêt stratégique du métier de booker.

En clair, il est la personne qui va dépenser toute son énergie pour convaincre les programmateurs de salles ou de festivals d’investir dans le concert d’un groupe. Cela demande un carnet d’adresses conséquent, de l’abnégation et un bon sens de la négociation.

Lorsque le booker place son groupe dans une salle de concert, c’est lui qui se charge d’envoyer les différents supports et fichiers (cd, mp3, vidéos, liens, dossier et revue de presse etc.) aux programmateurs. Il sera également responsable de la logistique et de toute la planification concernant la venue du groupe : planning, hôtels, restaurants, transports etc.

Pour chaque concert, c’est le tourneur qui est en charge d’établir les fiches de paie (des musiciens, des artistes, des techniciens). Autant dire qu’avoir des compétences organisationnelles et administratives est indéniablement un plus.

Pour résumer, un tourneur organise, vend et gère les tournées d’un artiste. Son métier est relativement difficile, il demande du temps, de l’acharnement sans pour autant garantir un salaire régulier, surtout les premières années.

Vous avez dit « déprimant » ? Vous avez tout faux : lorsqu’un booker a la chance de travailler avec un même artiste sur le long terme, il est en première loge pour voir son évolution et le conseiller sur certaines directions à prendre. Pour améliorer le set de son artiste, un booker pourra par exemple développer de nouveaux moyens comme l’organisation de résidences dans un lieu privilégié.

Enfin n’oublions pas que ce métier est avant tout un engagement humain : un tourneur doit avoir un réel coup de cœur pour son artiste afin de le représenter sereinement auprès des professionnels. La passion doit être commune et le booker doit forcément bien connaître son artiste et sa sensibilité.

Et pas besoin d’être déjà signé pour prétendre aux services d’un booker ! Dans une interview de 2011 pour DBTH, Pierre Pascal Houdebine, patron de Furax avouait avoir signé de nombreux artistes dans ce cas à l’époque, comme Emily Loizeau, Beat Torrent, Oldelaf ou Mister Valaire…

Cindy Theunissen

 

Voir aussi : les différentes formes juridiques des agences de booking par ici

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