menu
asbl court circuit-

01-09-2016

Devenir distributeur

La filière musicale peut être divisée en trois grands pôles : la création, la production et la distribution. Quels sont les distributeurs présents sur le marché belge ? Comment réaliser soi-même sa distribution ? Avant d’entrer dans le vif du sujet et de tenter de répondre à ces questions, une mise en contexte s’impose.

Pour commercialiser leurs productions, les maisons de disques, labels ou artistes indépendants s’adressent à un distributeur. Celui-ci intervient sur le produit fini et veille à ce qu’il soit distribué, sur un territoire donné, dans les structures susceptibles de le vendre au grand public : grandes surfaces, disquaires, etc. Tel un grossiste, il achète des caisses entières de disques et envoie ses commerciaux convaincre les magasins de mettre en vente quelques exemplaires des albums de son catalogue. Il veillera donc à ce qu’ils soient mis en évidence dans les rayons, à mettre en place des bornes d’écoute,… bref, à faire en sorte que l’on achète les CD/vinyles des artistes qu’il représente. Le distributeur gère également les commandes, les stocks et les retours. Il est en général rémunéré via un pourcentage (un tiers environ) qu’il perçoit sur les ventes.

Les distributeurs belges

En Belgique, on peut citer Pias, Mandai, Cod&S et N.E.W.S mais également de plus petites structures comme Attila Tralala. Olivier de Mandai Distribution revient sur la genèse du projet : « On a monté la boîte en 2002 en partant du constat qu’on avait du mal à se procurer les disques des artistes qui nous plaisaient. Pour l’instant, on travaille la distribution de manière classique, c’est-à-dire via les magasins. »

Comme dans d’autres domaines, Internet a profondément bouleversé le monde de la musique. Les modes de consommation n’ont jamais été aussi variés, l’accès aussi large : il est désormais possible d’écouter de la musique partout et tout le temps. On aurait pu croire qu’une telle révolution technologique ait un impact négatif sur le métier de distributeur mais, pour les structures de niche comme Mandai, le téléchargement s’est toujours étrangement avéré bénéfique. « Il m’est souvent arrivé de discuter avec des personnes qui me disaient être venues à un concert parce qu’elles avaient téléchargé un album et que, si le concert leur plaisait, elles achèteraient le disque par la suite, explique Olivier. Il faut dire que nous visons un public responsable, qui sait que la vente de disques aide les artistes qu’il apprécie. »

Une chose est sûre, c’est que face à l’arrivée d’Internet et du format digital, le métier de distributeur a considérablement évolué. Aujourd’hui, la distribution est également numérique (référencement des fichiers sur les plateformes de téléchargement et de streaming). De plus, force est de constater que, d’année en année, le nombre de magasins qui vendent des disques diminue et que la distribution traditionnelle tend à disparaître, poussant les distributeurs à diversifier leurs activités (management, booking, organisation de concerts). Face à la conjoncture actuelle, nombreux sont les artistes tentés de se lancer dans l’aventure.

Gérer soi-même la distribution

La première étape consiste à se faire connaître et pour cela Internet est un outil incontournable. Si un site web, une page Facebook et un compte Twitter serviront à construire une histoire, un univers autour d’un artiste, les dispositifs spécialisés comme SoundCloud et Bandcamp lui permettront de diffuser ses compositions sur la toile en quelques clics. Plus qu’une simple plateforme d’écoute, Bandcamp est en réalité un véritable magasin virtuel qui permet aux artistes indépendants de diffuser et de vendre leur musique en ligne. Si vous souhaitez pousser l’expérience un peu plus loin, rien ne vous empêche de démarcher les petits disquaires spécialisés pour qu’ils acceptent de vendre quelques exemplaires de votre CD dans leurs rayons. Dans ce cas, n’oubliez pas de mentionner les points de vente sur votre site pour que votre public sache où se procurer le précieux sésame !

 

Voir aussi “Les aspects juridiques d’une structure de distribution” par ici

Retour puce court circuit