.20 janvier 2020
Par Martin Monserez

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Jaune Orange : Success-story à la liégeoise

Un collectif, un label, un organisateur de concert, une agence de booking et un éditeur : Jaune Orange c’est tout ça à la fois. En bientôt 20 ans d’existence, la structure est devenue un monument de la musique à Liège.

Les 1er, 2 et 3 août derniers, le Micro Festival soufflait ses 10 bougies à Liège. À la base de la création de cet événement devenu incontournable dans l’agenda culturel de la Cité ardente, le collectif Jaune Orange fêtera lui son vingtième anniversaire en février 2020. 20 années au cours desquelles les Liégeois ont accompagné des groupes devenus des références de la musique pop-rock francophone : Hollywood Porn Stars, The Experimental Tropic Blues Band, My Little Cheap Dictaphone ou encore Girls in Hawaii pour ne citer qu’eux. À l’origine, ce sont des musiciens qui ont créé Jaune Orange pour promouvoir leur projets musicaux en organisant des petits concerts et, chose assez novatrice à l’époque – c’est dire si ça remonte… – en créant un site internet sur lequel on pouvait écouter des morceaux. En 2006, le collectif sort ses premières compiles et devient un label par la même occasion. Comme certains groupes du cru commencent à plutôt bien fonctionner, il se lance également dans le booking d’artistes. « Actuellement, en plus de l’organisation d’événement comme le Micro Festival, on fait aussi de l’édition, c’est-à-dire qu’on aide les groupes à percevoir leur droits d’auteurs à travers différents canaux de diffusion. C’est encore une manière supplémentaire de promouvoir et de faire circuler la musique des artistes avec qui on travaille », explique Yannick Grégoire, programmateur. 

Oui, Jaune Orange est devenu au fil des ans une belle petite machine, et une jolie success-story liégeoise. Au sein de la structure, cinq personnes travaillent sous des régimes différents. Ils cumulent pour la plupart avec une carrière d’artiste. « Du coup c’est assez mouvementé au bureau, il y a beaucoup de vas-et-viens. On a chacun nos spécificités propres, la programmation des événements, l’édition, le booking… Pour le label c’est un peu plus collégial mais on discute beaucoup tous ensemble. On essaye de garder cette notion de collectif dans notre travail au quotidien même si c’est parfois compliqué de se croiser et de se concerter. Il y a des avantages et des inconvénients à travailler avec des artistes à la manœuvre. Mais c’est avant tout une richesse. » 

Si à la base, le label Jaune Orange se concentrait sur les groupes de Liège via le bouche-à-oreille, son réseau dépasse aujourd’hui largement les bords de la Meuse. « Ces dernières années, il y a eu quelques nouveaux projets musicaux avec des membres de groupes qui faisaient déjà partie du collectif. Mais on a décidé de ne plus se borner à Liège si on trouvait un autre bon projet en Wallonie. Par contre, on a toujours été agent et booker de groupes de Liège mais aussi étrangers qu’on faisait tourner. On a un catalogue complètement ouvert et axé sur l’international. On est aussi un point relais pour des agents européens, on les aide à trouver des dates en Belgique, surtout en Wallonie mais ça peut être en Flandre également. » Certains se retrouvent programmés au Micro Festival. Mais l’événement garde bien sûr son ancrage liégeois avec des artistes de la région. « Il y a une tradition d’avoir toujours un groupe liégeois avec qui on travaille en booking. L’événement est aussi l’occasion de montrer quelques projets qui font partie du collectif et qui sont parfois sur le label. » Une jolie vitrine en somme.

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