.30 janvier 2020
Par Martin Monserez

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Les Hallucinations Collectives : Quand la musique devient mystique

Implanté à Arlon, cet événement plonge ses festivaliers dans une expérience immersive musicale totale et transdisciplinaire. Après le hip-hop et le punk, le jazz sera bientôt à l’honneur.

Les Hallucinations Collectives. Le nom peut paraître très cérébral pour certains. Il en fera sourire d’autres qui se souviennent de la réplique culte du déluré Sylvain Pierre Durif, dit « le Grand Monarque » ou le « Christ cosmique », qui avait fait le buzz sur le web il y a quelques années au point de devenir un meme internet. S’il ne fait – heureusement – pas référence au personnage, ce festival s’en rapproche par la relation presque mystique qu’il entretient avec la musique : une immersion totale et multi-sensorielle dans un genre musical différent à chaque édition. « Avec trois amis, on a commencé par fonder une asbl qui s’appelle « La Pantomine » fin 2015 dans le but de proposer une diversification de l’offre culturelle à Arlon », explique Amaury Louis, programmateur artistique. « La salle de l’Entrepôt et le festival les Aralunaires sont déjà bien établis dans la ville. On voulait mettre sur pied quelque chose de différent dans une approche transdisciplinaire. L’objectif premier est de décortiquer complètement un genre musical. »

Le collectif qui organise également la Red Bacon, une soirée électronique live, choisit le hip-hop comme thème pour son premier festival Les Hallucinations Collectives en 2018. « Pour cette première édition, on ne voulait pas prendre trop de risque avec un style qui a énormément gagné en popularité ces dernières années. On a fait un sold-out avec notamment Le 77 et d’autres artistes belges et transfrontaliers. Le but était d’illustrer, commenter, célébrer le hip-hop et sa culture. En plus des concerts, on a eu une diversification d’activités avec une conférence, une exposition de photos, une projection de film et une lecture de textes de rap (NTM, Nekfeu) sur fond de musique jazz. C’est une manière de redécouvrir l’aspect littéraire du hip-hop. On avait aussi une immersion auditive à la manière des Black Out Session à l’Atelier 210 et également organisé des workshops avec l’aide des artistes. » Pour sa deuxième édition, Les Hallucinations Collectives ont remis le couvert en choisissant cette fois le punk, une thématique qui a également un aspect visuel et politique fort, en prenant soin de ne pas trop se répéter dans les activités proposées.

Changer complètement d’univers musical chaque année n’est pas sans difficulté. Cela peut être déroutant pour un public plus compliqué à fidéliser, mais aussi pour les artistes avec lesquels il est difficile de travailler dans la continuité. Mais le collectif préfère voir dans ce renouvellement perpétuel un côté enrichissant dans le fait de constamment se frotter à de nouveaux acteurs. « Le choix des styles musicaux vient simplement de nos goûts à nous qui sont très éclectiques à la base. On considère vraiment que la diversification dans les goûts musicaux n’est pas seulement d’ordre esthétique et artistique, mais c’est une façon de voir le monde, d’interagir avec les gens. La musique est un vecteur pour se rassembler, discuter et partager des expériences ensemble. Au cours de l’événement, on essaie de rassembler un maximum tous les milieux sociaux et toutes les générations. Ce n’est pas très facile à communiquer… On défend une utopie où on verrait des septantenaires danser avec des ados, et des aristos boire un coup avec et des prolos. C’est notre crédo. Le but n’est pas de se prendre la tête à trop réfléchir sur un thème mais de profiter de nouvelles découvertes tout en se marrant avec de la bonne chère et de la bonne bière. »

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