.06 novembre 2019
Par Martin Monserez

Partager sur

PopKatari : Liège, the place to rock

Le blaze est trompeur : PopKatari, c’est bien plus que de la musique « pop-rock ». En plus de 10 ans d’existence, le collectif liégeois est surtout devenu un label de qualité.

Trouver des dates de concerts quand on fait partie d’un groupe débutant peut être une sacrée galère. Il faut parfois être doté d’un solide esprit d’entrepreneur pour arriver à s’extirper de la masse et obtenir des dates. En 2008, un groupe d’amis liégeois décide donc de créer un « weblabel » sur la plateforme Bandcamp et de numéroter les sorties de nouveaux morceaux. Nom de code : PopKatari. Le groupe de potes décide de sauter le pas et d’organiser des concerts lui même en reprenant le même blaze. D’abord sur un rythme assez lent (une ou deux soirées par an) jusqu’à une douzaine d’événements sur l’année aujourd’hui, les soirées sont organisées dans des temples de la musique de la Cité Ardente comme le Kultura ou le Reflektor, et dans plein de salles plus petites (La Zone, Le Hangar, Le Garage,…). Au fil des ans, PopKatari s’est taillé une jolie réputation et son nom est vite reconnu dans les rues de Liège par les amateurs de découvertes musicales. « Le nom du collectif vient d’une espèce de fascination dans le groupe pour la culture asiatique. Mais le « pop » en soi ne fait pas référence à la « musique pop ». C’était juste une question de sonorité. D’ailleurs, au tout début sur notre bandcamp, on était surtout branché électro. Ça tranche vachement par rapport à ce qu’on programme aujourd’hui parce que c’est essentiellement des groupes de rock au sens large. Du plus calme et gentil jusqu’à l’extrême métal », explique Hadrien Panelli, programmateur musical.

Comme de nombreux collectifs, les événements PopKatari fonctionnent essentiellement avec des bénévoles qui contrôlent tout de A à Z. « Ca peut aller de juste ma femme et moi jusqu’à 10 potes en fonction de la taille de l’événement. Vu le rythme assez élevé de soirées, ce n’est pas possible d’avoir tout le monde à chaque fois. Mais il y a des soirées à très petites échelles où un bénévole à l’accueil ça suffit. On s’occupe de la cuisine, on vient tôt pour accueillir les groupes et à la fin de la soirée on héberge les groupes chez nous ou dans la salle La Zone puisqu’il y a une partie sleeping. Le lendemain, ce n’est pas toujours chouette parce qu’une fois que le groupe a dormi, il faut s’occuper des lits, laver les draps et laver la salle… Ce sont des heures de boulot en mode do it yourself. » Un travail récompensé par le crédit dont bénéficie aujourd’hui la structure auprès des acteurs du milieu. « Les gens qui gèrent une salle n’ont pas nécessairement le temps de s’occuper de la programmation d’événements en plus. À Liège, il existe pas mal de collectifs avec cette volonté de faire découvrir des artistes qu’ils aiment. Il y a un certain intérêt d’une petite population liégeoise pour ce type de concerts. Au départ, il faut juste le temps de nouer des contacts, de rencontrer les gens et de les convaincre qu’on est capable de faire une bonne soirée. Une fois que ça a été, il n’y a plus de soucis. Il y a une relation de confiance qui s’installe. »

PopKatari n’a pas de volonté de se développer hors de Liège. L’équipe pense même à ralentir le rythme des concerts qui peuvent s’avérer éprouvants sur la longueur et compliqués financièrement. « Il n’y a pas de volonté de grandir chez PopKatari. On va essayer de calmer un peu le jeu et, plutôt que d’organiser jusqu’à 15 soirées par an, peut-être en faire sept ou huit dont on est sûr qu’elles fonctionneront bien. On a la volonté de trouver de nouveaux partenariats où il y a un budget qui est dégagé et grâce auquel on peut se concentrer sur la programmation et sur l’organisation sans être obsédé par l’argent. » Au cours des dernières années, le collectif a ainsi développé des partenariats avec des festivals, en s’occupant de la programmation d’une journée au Houtain Rock Festival et en programmant une petite scène aux Ardentes ! Un créneau à investir.

ARTICLES SIMILAIRES