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03-09-2016

Résidence (d’artiste) : Pourquoi et comment?

Bosser son set, perfectionner son chant, optimiser sa mise en place ou encore son attitude sur scène… Autant d’étapes essentielles dans le perfectionnement d’un groupe en développement, pour lesquelles les résidences peuvent s’avérer indispensables.

Il y a quelques années, le festival champêtre Deep in the Woods accueillait les Girls In Hawaii comme “artistes en résidence” à la veille de l’enregistrement de ce qui allait devenir leur Everest. Si cela a signifié pour eux bien plus que de flâner sur le site avec la guitare en bandoulière, il nous semble judicieux de clarifier un tant soit peu le concept : une résidence, a fortiori d’artiste, késako ?

Du côté de Wikipédia, on parle formellement d’ “octroi temporaire, par une institution publique ou privée, d’un espace à un artiste, afin de favoriser la création et l’exposition d’œuvres d’art, ou l’élaboration de spectacles vivants ou filmés”. Mais pour un (jeune) groupe en développement en Fédération Wallonie-Bruxelles, que cela signifie-t-il exactement? Eh bien… Beaucoup de choses.

Les objectifs qu’on veut donner à une résidence peuvent être multiples : si certains musiciens les envisagent comme une “répet’ grandeur nature”, où ils travailleront leur son, leurs éclairages ou leur show dans les conditions du live, d’autres en profiteront comme d’un espace propice à la composition (l’exemple Girls In Hawaii), tandis que d’autres encore préféreront être encadrés par divers professionnels afin de booster leur projet.
“Ni The Voice, ni la Star Ac’”

C’est ce dernier type d’accompagnement que propose le Studio des variétés, structure mise en place en 2012 qui s’adresse à tous les artistes pratiquant les musiques actuelles du côté “franstalig” de la frontière linguistique. Soit des résidences s’étalant sur quelques jours ou sur une année complète (!), toujours encadrées par des professionnels du milieu (du chanteur métal chevronné David Féron, au leader de Balimurphy, Cédric Van Caillie). Benjamin Coopmans, coordinateur technique, nous explique : “on commence systématiquement par une journée de “diagnostic”, ou d’“évaluation”, pour voir ce dont le groupe a besoin. On est toujours dans la suggestion et non dans l’obligation : on n’est ni The Voice, ni la Star Academy. Le but, c’est aussi de faire essayer de nouvelles choses aux musiciens, même si on les sort de leur zone de confort : au pire, ce qu’on risque, c’est qu’ils se disent “ah, mais ça tue, on garde!”“

Et si leur encadrement tourne à plein régime, c’est que la recette porte (souvent) ses fruits. Un exemple? “On a eu Fred and the Healers en résidence récemment, qui ont abordé la chose en se disant “on ne sait jamais”. Comme ça fait longtemps que le groupe tourne, on n’était pas sûr de ce qu’on allait pouvoir leur apporter. Et au final, ils étaient ravis qu’on ait pu mettre le doigt exactement sur ce qui n’allait pas. Avoir un regard extérieur attentif et constructif sur son projet, ça peut franchement aider à avancer…”

Concrètement, si le Studio des variétés n’est pas le seul à organiser des résidences coachées (on pense notamment à Jaune Orange ou à l’Atelier Rock de Huy), il est aussi tout à fait possible de passer par la bande pour perfectionner son projet sur scène. Premièrement, il faut savoir que tous les centres culturels (dont fait partie le Botanique) ont pour devoir (ou mission, c’est selon) de réserver leurs salles une partie de l’année à des résidences d’artistes. Ensuite, si de plus en plus de maisons des jeunes s’équipent correctement, beaucoup d’entre elles sont friandes d’accueillir de jeunes groupes en résidence. Et enfin, ça ne coûte rien de demander un coup de main à votre salle locale favorite : si c’est demandé gentiment, beaucoup voudront bien vous “prêter” leurs locaux en échange, par exemple, d’un concert gratuit dans la foulée.

À ceux qui douteraient de l’utilité de sortir de son local de répet’ pour porter son groupe un peu plus loin, on ne saurait que conseiller de (re)voir le magistral film posthume This Is It pour se rendre compte qu’à tous les niveaux (et même celui de Michael Jackson), il y a des gens derrière les artistes pour les conseiller. À bon entendeur…

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