.08 juillet 2020
Par Isabelle Bonmariage

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Enregistrer sa musique pour les nul·le·s

Ca y est, vous avez passé des heures dans votre local de répet’, vous maitrisez tous vos morceaux sur le bout des doigts. Vous avez peut-être aussi foulé quelques scènes et enregistré une maquette « à la bonne franquette ». Vous vous demandez s’il ne serait pas temps de passer à la vitesse supérieure, de sortir un album ou un EP et de partager votre musique avec le monde entier. Voici quelques conseils pour passer le cap et avoir un aperçu des processus d’enregistrement et des possibilités qui s’offrent à vous. 

Être prêt·e !

Avant toute chose, vous devez être prêt·e ! Mega prêt·e même. Concrètement et idéalement, cela veut dire que vous devez préalablement avoir écrit et composé des morceaux et être capable de les jouer à la perfection. Ainsi que chaque membre de votre groupe, si vous n’êtes pas un·e artiste solo. Idem pour le chanteur ou la chanteuse. D’où l’importance du travail en répétition et d’avoir quelques expériences live !

Cela aide aussi de structurer ses morceaux et de les travailler au clic. Engin de torture pour beaucoup, l’utilisation du clic est pourtant conseillée par la plupart des musicien·ne·s. Tout simplement pour conserver une mesure stable tout au long d’un morceau, ni trop vite, ni trop lent, et de ne pas être décalé·e au niveau rythmique/tempo. Le clic, ça fait souvent pro ! Par contre, si votre projet artistique ne se marie pas avec de la rigueur et de l’exigence, laissez tomber le clic et faites place à l’improvisation. Bref, quand vous pousserez sur le bouton d’enregistrement, vous ne devrez plus penser qu’à l’interprétation de vos morceaux. 

En studio, combien ça coûte ?

La première question qui se pose souvent à l’aube d’un projet d’enregistrement est celle de l’argent. Le coût d’un studio varie en fonction de différentes choses (nombre de morceaux que vous souhaitez enregistrer, les équipements du studio, sa renommée, etc.) mais une chose est certaine : en studio, le temps c’est de l’argent ! D’où l’intérêt du précédent paragraphe.

Pour une journée, comptez en moyenne entre 200 et 400€. En fonction des studios, il y a parfois la possibilité de dormir sur place, ce qui augmente la facture mais cela peut être intéressant pour la cohésion du groupe. En moyenne, comptez environ un jour d’enregistrement par morceau, soit au minimum sept jours de studio pour l’enregistrement d’un album. Donc entre 1.400 et 2.800€.

Home studio

Une autre solution qui a le vent en poupe depuis quelques années et qui est moins chère (entre 0 et 2.000€ pour un kit de base) est le home studio. Comprenez un studio d’enregistrement composé d’un pc, d’un logiciel (craqué ou non) et d’une carte son, le tout aménagé dans votre cave ou votre cuisine. Cela sous-entend que vous ou un membre de votre groupe, de votre cercle d’amis ou de votre famille ayez une certaine connaissance en technique et production ou un sérieux côté autodidacte et du temps à passer sur des tutos. Plusieurs musicien·ne·s témoignent que le travail en home studio permet d’être plus détendu·e·s, plus libres, en plein dans l’esprit Do It Yourself (DIY) et qu’il ouvre des portes au niveau créativité et expérimentation. 

Vous pouvez également utiliser un home studio pour démarrer votre processus créatif et vous préparer au studio. Quand vous serez satisfaits de vos prises, rendez-vous dans un studio pour que l’enregistrement, le mixage et le mastering soient pris en charge par des professionnel·le·s.

Son analogique ou numérique ?

Historiquement, il existe deux façons d’enregistrer du son. Jusque dans les année 1970, les enregistrements s’effectuaient majoritairement en analogique sur des bandes magnétiques. Avec le développement de l’informatique, il est devenu possible d’enregistrer en numérique. À l’heure actuelle, la tendance est clairement plus au numérique même si la plupart des studios ont une utilisation mixte de l’analogique et du numérique. Les enregistrements purement analogiques sont encore possibles dans les studios spécialisés mais ils restent minoritaires. 

Certain·e·s diront que l’analogique donne au son une couleur différente. Plus chaude. À l’ancienne. Un son plus « pur ». Pensez aux grésillements qu’on retrouve sur les vinyles. D’autres disent que la qualité d’un son numérique est nettement meilleure. Le sujet divise. Les possibilités du numérique évoluent sans cesse. Il n’y a pas de solution idéale, l’analogique et le numérique se rejoignent et se complètent. À vous de voir !

Ingénieur·e du son et producteur·rice

En studio, vous allez rencontrer un·e ingénieur·e du son. Si vous êtes en mode DIY, c’est peut-être vous qui endosserez ce rôle. L’ingénieur·e du son s’occupe de l’aspect technique et de la forme. De tout ce qui touche au son, c’est-à-dire de l’enregistrement, du mixage et du mastering. On vous explique juste après.

Vous pouvez aussi bénéficier des services d’un producteur·rice. C’est la personne qui gère l’aspect artistique et qui s’occupe du fond. De vous guider dans vos choix. Cette personne va essayer de vous comprendre et de vous guider pour arriver à votre but. Ça peut être au moment de la création des titres, de leur mise en forme ou alors en studio pour obtenir le son, l’intention, l’énergie voulue. Un·e producteur·rice peut vous orienter et vous conseiller dans la direction artistique, la création de sonorités spécifiques, la mise à disposition d’un backline qui est correctement calibré (batterie accordée, guitare réglée, etc.) et ce afin d’enrichir la dimension des compositions. Sachez que les services d’un producteur·rice sont payants. D’expériences, certain·e·s musicien·ne·s pensent que le travail de producteur·rice peut être réalisé par l’ingénieur·e du son.

Enregistrement, mixage et mastering

Il n’y a pas vraiment de règle pour l’enregistrement des instruments et de la voix. Ça peut être en live (tous les musicien·ne·s ensemble) ou chacun·e à son tour. On part souvent sur une base rythmique (batterie, basse) à laquelle on ajoute les autres éléments pour finir avec les solos et voix (lead puis backing). Ou un système hybride entre les deux. 

Le mixage est l’étape après l’enregistrement. L’ingénieur·e du son a toutes les pistes qu’il/elle va mélanger ensemble. Il/elle va utiliser des outils comme le volume, les équaliseurs, compresseur, les effets pour sculpter le son, le modifier, etc. À cette étape-ci, vous aurez un premier prémix de quelques morceaux entre les mains. Cela vous permettra de vous faire une idée de comment ça sonne. C’est le moment d’apporter des corrections et d’affiner jusqu’au mix qui sera la feuille de route pour le mastering.

Le mastering est l’étape finale de la postproduction audio. On ne touche plus à l’interaction ni au mélange des pistes. L’idée ici est d’appliquer la finition sur le fichier stéréo et d’harmoniser l’ensemble des éléments sonores. Pour ce faire, la personne en charge du mastering va encore jouer sur les fréquences, la dynamique et la coloration du son. Le but est d’avoir un niveau cohérent et de retrouver la même sensation partout, que l’on écoute sur un smartphone, un ordi ou une super chaîne hi-fi. C’est la couche de finition. Comme le vernis sur un tableau !

Sachez aussi que le mixage et le mastering peuvent être réalisés dans un autre studio pour donner une touche encore plus précise à votre projet. Les pistes sont souvent envoyées par mail, ainsi pas forcément besoin de se déplacer.

Félicitations, vous avez maintenant un master entre les mains. C’est le support final que vous pouvez envoyer à l’usine de pressage. Enfin, pour trouver la formule d’enregistrement de vos rêves, rien de tel que le bouche à oreilles. Soyez attentif·ve·s aux enregistrements que vous écoutez, comparez-les. Allez discuter avec des ingénieur·e·s du son, des producteur·rice·s. La Belgique regorge de talents !

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