Musique live : entre croissance du marché et fragilité des lieux et festivals

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Le nouveau Guide des Tendances de ST’ART se penche sur les modèles financiers de l’industrie musicale. De la musique enregistrée au live, cette nouvelle édition dresse le portrait d’un secteur en croissance, mais traversé par de profonds déséquilibres. Salles de concerts, festivals et artistes se retrouvent notamment au cœur d’un modèle économique de plus en plus sous tension.
Un constat qui fait directement écho aux réalités observées par Court-Circuit auprès des lieux et organisations de concerts de Wallonie et de Bruxelles, et auxquelles le guide consacre plusieurs pages, avec notamment un entretien de notre directeur, David Dehard.
Le live progresse, mais pas de la même manière pour tout le monde

À l’échelle mondiale, la musique live reste particulièrement dynamique. Selon les données reprises dans le guide, elle a généré environ 34,6 milliards de dollars en 2024, soit près de la moitié des revenus nets de l’industrie musicale. La demande du public reste forte et les grandes tournées continuent d’attirer des audiences importantes. Mais derrière cette croissance globale se cachent des réalités très différentes.
En Europe, le guide souligne que la hausse de la fréquentation et des revenus bénéficie principalement aux concerts de masse, tandis que les salles de jauges intermédiaires, entre 300 et 650 places dans l’analyse présentée, rencontrent davantage de difficultés. Faibles marges, hausse des loyers, de l’énergie, des assurances et des coûts de production : leur modèle économique est décrit comme structurellement fragile.

Cette fragilité est renforcée par d’autres phénomènes : fréquentation parfois encore inférieure à celle d’avant la pandémie, gentrification, pression immobilière ou encore plaintes de voisinage.

Festivals : des coûts qui augmentent malgré le retour du public

Du côté des festivals, le paradoxe est similaire : une fréquentation importante ne garantit plus nécessairement l’équilibre financier.

Les coûts artistiques augmentent, tout comme ceux liés à la technique, à la sécurité, à l’horeca ou au personnel. À cela s’ajoute désormais le risque climatique, particulièrement important pour les événements en plein air, qui pèse notamment sur les coûts d’assurance.

Le bilan des festivals belges de l’été 2026 présenté dans le guide illustre néanmoins la capacité du secteur à mobiliser largement les publics : 348 000 personnes annoncées à Rock Werchter, environ 270 000 aux Ardentes, 234 000 aux Francofolies de Spa ou encore 218 840 à Dour. Certains festivals retrouvent également l’équilibre après plusieurs années difficiles.

Un secteur qui se concentre

Autre évolution pointée par le guide : la concentration croissante du marché du live.ST’ART prend notamment l’exemple de Live Nation, présent à différents niveaux de la chaîne de valeur : gestion de salles, artistes, festivals et billetterie. En Belgique, le groupe est notamment présent dans plusieurs grandes salles et festivals.

Cette évolution pose en creux la question de la place des structures indépendantes et de plus petite taille. Car celles-ci remplissent une fonction essentielle dans l’écosystème : permettre à des artistes de se produire, développer de nouveaux projets, travailler au plus près des territoires et contribuer à la diversité de l’offre musicale.

Et en Fédération Wallonie-Bruxelles ?

Ces constats rejoignent directement les préoccupations de Court-Circuit.

En fédérant des lieux et organisations de concerts en Wallonie et à Bruxelles, Court-Circuit travaille précisément au cœur de cet écosystème : des structures aux tailles et modèles variés qui organisent des concerts et festivals, accompagnent les artistes et contribuent au développement des musiques actuelles.

Le guide donne d’ailleurs directement la parole à David Dehard, directeur de Court-Circuit, pour apporter un éclairage sur la situation du secteur en Fédération Wallonie-Bruxelles. Ce regard de terrain complète les données économiques présentées tout au long de l’étude et rappelle une réalité importante : derrière la croissance globale de l’industrie musicale se trouvent des structures dont les équilibres restent fragiles.

C’est aussi tout l’enjeu du travail mené par Court-Circuit : documenter ces réalités, mettre en réseau les professionnel·les, accompagner les structures et faire remonter les enjeux rencontrés sur le terrain.

Observer pour mieux comprendre le live de demain

Hausse des coûts, évolution des pratiques du public, concentration du marché, pression sur les petites et moyennes salles, risques climatiques pour les festivals… Le nouveau Guide des Tendances montre finalement un secteur traversé par une contradiction : la musique live attire toujours les publics et génère des revenus importants, tandis qu’une partie des structures qui la rendent possible évolue dans un environnement économique de plus en plus fragile.

Pour Court-Circuit, ces données constituent donc une ressource supplémentaire pour nourrir les réflexions autour des modèles économiques des lieux et organisations de concerts, et plus largement de l’avenir de la musique live en Fédération Wallonie-Bruxelles.

Demandez le Guide des Tendances – Modèles financiers de l’industrie musicale : constats et perspectives, publié par ST’ART.

 

29 septembre 2026

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Selin Sengun

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