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Présentation

  • Le Programme

    Le LOUD Program est un dispositif d’accompagnement mis en place par l’asbl Court-Circuit.

    Le but ? Aider et promouvoir la scène métal (et tous les sous-genres qui en découlent), hardcore, noise… issue de la Fédération Wallonie-Bruxelles.

  • C'est pour qui ?

    Ce dispositif s’adresse à tous les groupes (pros ou non) évoluant dans les sphères sombres du métal et des musiques extrêmes, résidant en Wallonie ou à Bruxelles.

  • Les objectifs du LOUD Program

    La mise en avant des groupes émergents de la scène loud de la Fédération Wallonie-Bruxelles, auprès du public mais surtout des professionnels belges et étrangers.

    La mise en contact des groupes émergents avec les professionnels du secteur en vue d’obtenir un encadrement professionnel adapté à leurs besoins et à leur esthétique.

    Le soutien et l’accompagnement de groupes émergents sur le moyen terme, via la mise à disposition d’outils et de programmes spécifiques et personnalisés, selon les besoins de chacun des groupes.

  • Ils sont passés par là

    Depuis 2005 : Electric)Noise(Machine, Silence Is The Enemy, Thorax, Wolves Scream, Ithilien, Angakok, Coubiac, Khod, Hungry Hollows, Ackros, Naughty Mouse, Now,Voyager, Goliath, Hurt Them Back, The K., Dark Sensation, Ethernity, Morning Red, Panic Machine, Scarin’ Myself, The Link, Suicide of Demons, Black Bleeding, The Chargers, Amadeus, Kill My Doll, Evergrey Sky, Melchior, Flashlight Ninja, Thurisaz, Divine Torment, Unload, Booster.

Agenda

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Actualités

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Interviews

Parrain du LOUD Program 2017, Pompon a rendu visite aux groupes avant, pendant ou après leurs résidences dans les salles de Club Plasma. Origine de chaque projet, influences et styles musicaux, attentes et feedbacks vis-à-vis de la résidence… les groupes se sont prêtés au jeu de l’interview.

  • Concealed Reality

    Pompon : Entretien avec Concealed Reality, quintet de Bruxelles, “né dans les bas fonds de Bruxelles en 2013”, selon sa bio. Alors, les bas fonds, ils sont où ?

    Concealed Reality : Les bas fonds étaient à Simonis, à l’époque. Quand James, le chanteur du projet, a rejoint Concealed Reality en 2005, le groupe ne portait pas encore ce nom-là. Les anciens membres cherchaient un chanteur et James est arrivé. Pour en revenir aux bas-fonds, on les appelle comme ça parce qu’on a commencé dans une cave, comme beaucoup de groupes en somme.

    Pompon : Au niveau du style musical, vous avez une base un peu hardcore, une base metalcore…

    CR. : On est beaucoup influencés par les sonorités djent, même si on n’aime pas forcément ce terme parce qu’il ne nous correspond pas. Djent désigne un son particulier, développé par des groupes comme Meshuggah. Un power chord, en plus étouffé. C’est ça le djent, c’est plus une sonorité qu’un véritable genre.

    Pompon : Donc le djent fait partie de votre global sound.

    CR. : Il fait partie de nos influences de composition mais par petites touches qu’on rajoute à notre musique sans vouloir pour autant être catégorisés dans ce style. On veut petit à petit apporter notre univers, on commence avec l’EP qui sort prochainement. On veut arriver sur de la musique très groovy, qui donne envie de bouger mais en même temps on veut attirer les gens dans un univers très profond qui est le nôtre et c’est plus difficile. Sur un album, il faut réussir à faire accrocher les gens à l’univers et puis les faire plonger dedans. C’est toute la réflexion qu’on a pour le moment par rapport à ça, et c’est pour ça qu’on ne veut pas être catalogués dans un genre parce que il y a des gens qui disent qu’on fait du metalcore ou du heavy metalcore… qu’est-ce que c’est du heavy metalcore ?

    Pompon : Il y a des maniaques de l’étiquette.

    CR. : Oui, et nous on ne veut pas d’étiquette. En fait on brasse pas mal de paysages musicaux différents tout au long des chansons, ce qui rend notre musique très ambiant. Quand on écoute l’EP, on part sur des tonalités un peu asiatiques, puis on va vers quelque chose de très violent, très noir, avant de repartir sur quelque chose d’assez atmosphérique et on termine par une chanson très ambiant. On écoute plein de genres différents, on ne se bloque pas au metal. On en a parfois même marre. (rires) Il y a beaucoup d’atmosphères et d’instruments différents dans les chansons, pour apporter de la diversité. Même vocalement, la voix change beaucoup d’une chanson à l’autre.

    Pompon : Les chansons, vous les composez ensemble ? Comment ça se passe entre vous ?

    CR. : On s’influence tous les uns les autres. S’il y a des éléments que les autres n’apprécient pas dans un morceau, Berto, qui s’occupe beaucoup de la composition, va faire en sorte de les changer. C’est toujours ça l’objectif. La musique qu’on écrit, c’est par rapport à ce qu’on vit et ce que l’on ressent au sein du groupe. Si on ne vit rien, on n’écrit rien. On écrit sur ce qui nous entoure au quotidien, sur des sujets qui nous touchent continuellement. On n’a pas envie d’intégrer du politique dans notre musique, juste parce qu’on ne sait pas de quoi parler. Si on n’a rien à dire, on ne dit rien en somme. Il faut que ça nous vienne des tripes, notre musique est basée sur les émotions.

    Pompon : Et au niveau de la résidence, qu’en attendiez-vous ?

    CR. : Plus de cohésion et d’entente dans le groupe. Avant la résidence, on ne savait pas vers quoi on allait à vrai dire parce que, et ce n’est pas une mauvaise critique, la communication avec l’équipe de Court-Circuit n’a pas été au top, des mails se sont perdus. On avait eu un feedback lors d’une première réunion avec Grégoire deux mois avant la résidence. Puis pendant les deux mois suivants, nous n’avons pas eu beaucoup d’échanges d’infos. On préparait la sortie de l’EP, le clip, on était en plein tournage, nos journées défilaient très vite, on n’avait pas le temps d’y penser. A deux jours de la résidence du LOUD, on a appris qu’on ne devait pas débourser d’argent pour celle-ci, qu’on allait en profiter gratuitement, on est tombé des nues. Que des bonnes nouvelles, mais on ne s’y attendait pas du tout. (Rires) Puis notre manager a fait un planning parce qu’on savait pas du tout ce qu’on allait travailler lors de la résidence si ce n’est qu’on allait répéter et voir ce que ça allait donner. Il a envoyé à Grégoire le planning et lui a répondu par rapport à ce qui pourrait être réalisé lors de la résidence et ce qui ne le serait pas. Et puis le premier jour au Belvédère, on était en retard sur tout le planning, on était sous tension, ce qui a abouti à une grosse dispute. Grégoire a su canaliser les esprits et c’est ce qui nous manquait, le fait qu’il n’y avait pas encore suffisamment de cohésion dans le groupe. On pouvait tous jouer nos morceaux mais chacun de son côté. On avait oublié le rapport humain sur scène et c’est grâce à la résidence qu’on a vraiment pris conscience de la cohésion qui nous manquait. On ne peut que remercier le LOUD de nous avoir donné ça. On a fait le dernier set aujourd’hui, ça c’est super bien passé, ce n’était que du fun. Chacun a trouvé sa place dont Dan qui n’avait pas encore pu correctement s’intégrer au groupe. On a fait deux concerts avant la résidence et Dan n’a même pas osé joué. Il était présent, presque prêt à jouer mais il n’avait pas encore trouvé sa place au sein du projet parce qu’on est déjà très soudés, on a déjà passé beaucoup de temps ensemble. Maintenant on sait qu’on peut jouer tous les cinq. On a pu se retrouver tout un week-end, loin du boulot qui amène des tensions supplémentaires. C’est comme un mariage, mais sans le sexe. (Rires) Concealed Reality ne peut pas fonctionner avec un membre qui rentre et vient juste jouer la musique. C’est un groupe qui a besoin de connaître ses membres et d’avoir des tensions, de vivre des choses pour pouvoir les retranscrire.

    Pompon : Le premier résultat de la résidence pour vous, c’est que ça a renforcé la cohésion, y compris sur la scène, où chacun trouve maintenant sa place. C’est notamment à ça que sert un coach ?

    CR. : Oui, on a d’abord joué comme on le fait d’habitude, puis Grégoire nous a dit “il faut changer ça et ça”. Au début, on était assez sceptiques. On sait très bien où sont les erreurs, les choses à améliorer, mais le problème vient du fait que quand un membre du groupe dit “Ecoutez les gars, ça il faut le faire comme ça”, on ne va pas forcément l’écouter, qu’il ait tort ou raison. Si le conseil vient de quelqu’un d’externe, dont l’avis est professionnel, on va l’écouter. Grégoire est dans un groupe, il sait ce que c’est la musique. Il a plus d’expérience que nous, il a du métier. On est vraiment contents d’avoir posé notre candidature pour le LOUD Program. On avait hésité au début parce qu’on ne voulait plus faire de concours parce que ça a nui au groupe à une époque. Un des guitaristes précédent est parti à la suite d’un concours qui s’est mal passé, où on s’est fait démolir. Au final, on s’est inscrit au LOUD, qui n’est pas à un concours en tant que tel mais pour lequel il y a une phase de pré-sélection, et ce n’est que du positif.

    Pompon : Mais les quatre groupes qui sont sélectionnés ne rentrent pas en compétition.

    CR. : C’est ça qu’on aime beaucoup avec le LOUD, il n’y a pas de compétition, de je dois gagner quelque chose, de on doit être meilleur que les autres… Ça enlève tout ce côté un peu malsain des concours qu’on ne supporte plus. On participe quand même au tremplin du Durbuy Rock Festival cette année parce qu’on a été repris grâce au LOUD. Un des groupes avec lequel on va jouer est Anwynn, ce sont des personnes qu’on connaît. Rien que de savoir qu’on va jouer “contre”eux, on n’aime pas ça. En plus, parmi nos fans, il y a aussi des fans d’Anwynn. Les gens ne s’en rendent pas compte mais les concours peuvent détruire les groupes et la scène, et on est contre ça. C’est bien qu’il y ait de la compétition, parce que ça permet aux groupes d’évoluer mais on se rend bien compte que tout le monde est dans la compétition de qui va sortir le meilleur clip, qui aura le plus de vues, etc. On en vient jusqu’à des groupes qui vont disliker les clips des autres groupes, juste pour dire “Je ne suis pas content”. On fait de la musique et si ta musique ne plaît pas, pose-toi les bonnes questions et ne va pas penser que ce sont les autres groupes qui te détestent.

    Pompon : Vous avez des projets sur le feu ?

    CR. : On pense beaucoup à l’album, à essayer de le sortir plus vite que l’EP qui nous a pris un an et demi. Ça a pris beaucoup de temps parce qu’on a des nouveaux membres, on recherchait une nouvelle direction musicale pour le groupe. Désormais c’est beaucoup plus clair et défini donc l’objectif est de sortir un album de meilleure qualité mi-2018, et qui corresponde vraiment à toutes les influences des membres du groupe. On aimerait vraiment axer les compos sur le live parce qu’on ne se voit pas jouer sur scène sans bouger, sans donner un maximum d’énergie. Le problème avec nos compos actuelles c’est qu’elles sont trop difficiles à jouer en live. On le regrette dans un sens. Pour 2018, on aimerait composer quelque chose beaucoup plus axé live, s’exprimer à fond et en même temps que le public puisse aimer la musique et bouger sans se dire “Il y a trop d’informations à suivre”. Pour le moment, dans les chansons, à part Hakai qui est vraiment groovy, tu t’en prends plein la tronche. On ne sait pas bouger sur scène, c’est très compliqué. A la base, on ne voulait pas présenter l’EP avant le Botanique mais on veut être rôdés pour le LOUD Fest.

  • How To Kill An Asteroid

    Pompon : Etant fan de science-fiction, ma première question porte sur le nom du groupe évidemment, How to Kill An Asteroid ?

    How To Kill an Asteroid : On a beaucoup cherché. On voulait un nom hors du commun, facilement reconnaissable sur le net et partout ailleurs. Je (Julien, chanteur du groupe, ndlr) bosse dans l’audiovisuel et c’était le nom d’une série de la chaine Discovery que je devais doubler. Quand j’ai vu le nom, je l’ai envoyé aux autres membres du groupe et tout le monde a accroché tout de suite.

    Pompon : Et comment vous êtes-vous rencontrés, tous les quatre ? 

    HTKA : Val et Lloyd (respectivement bassiste et guitariste, ndlr) avaient un groupe avec un autre chanteur. Julien a rencontré l’ancien chanteur et Lloyd à l’école, à la SAE à Bruxelles où ils faisaient leurs études ensemble, et il leur a proposé de les suivre sur scène pour faire leur son live. Ils cherchaient un batteur et Julien connaissait Fabrizio d’une radio où ils bossaient ensemble. Puis Julien a pris la place de l’ancien guitariste et on a tourné quatre ans ensemble avant que le chanteur ne décide de quitter le projet. C’était un projet qui tournait en rond, qui avait des ambitions mais qui n’était pas assez mature pour avancer. Et puis on a décidé de lancer un nouveau projet, sur plus ou moins les mêmes bases mais plus concret, plus cohérent et plus pro aussi et c’est comme ça que How To Kill an Asteroid est né.

    Pompon : C’était il y a combien de temps ?

    HTKA : Le premier EP est sorti en septembre 2016 mais on bosse les morceaux depuis presque deux ans. On a vraiment trouvé notre style, ce qu’on voulait, ce qu’on ne voulait plus. On a fait le tri pour savoir vers quel style on voulait aller, vers quelles personnes, quel public parce que comme on fait un mélange d’électro et de hard rock, c’est un peu particulier. On a voulu trouver des bons groupes, des inspirations, et puis faire le tri pour trouver une bonne identité.

    Pompon : Ça c’est important au départ, quand on n’est plus dans une situation de débutant. Forcément avec le premier groupe, on fonctionne avec ses passions d’adolescence, sans prise de distance. Vient ensuite la phase « ce qu’on ne veut plus », que ne vouliez-vous plus ?

    HTKA : Les morceaux préparés en deux répèts, en 2h. Des morceaux incomplets, avec des paroles dans un anglais approximatif. Et puis des répèts qui n’étaient pas constructives. On faisait un peu de scène aussi avec le groupe précédent mais ce n’était pas incroyable, on se complaisait juste là-dedans.

     

    Pompon : Et au niveau stylistique ? Est-ce qu’il y a des choses que vous ne voulez plus ?

    HTKA : On savait qu’on ne voulait plus d’un projet pop comme le groupe précédent mais le déclic est surtout venu en voyant certains groupes en concerts devant lesquels on s’est dit « c’est ça qu’on veut ! ». Comme le groupe Enter Shikari que nous avons vu en première partie d’un concert de Prodigy. On a pris une telle claque qu’on s’est dit qu’il était temps de se poser et de faire les choses correctement pour en arriver à ce niveau de jeu… et faire la première partie de Prodigy (rires). Ce sont de bons déclics qui nous permettent d’évoluer plutôt qu’une remise en question de nos envies.

    Pompon : Au départ, quand vous vous rencontrez tous les quatre, qu’est-ce qui compte le plus ? D’abord les affinités personnelles ? Ou les affinités musicales qui existent déjà ? Ou les affinités musicales se révèlent-elles au fil des discussions ?

    HTKA : Nous avons tous des influences très différentes mais ce qui était certain dans ce projet c’est que nous voulions inclure une grande part d’électro. Nous avons quasiment un cinquième membre sur scène, c’est un ordinateur avec Ableton live qui tourne et avec lequel nous pouvons interagir en concert. Sans lui, nous ne pouvons pas jouer. Ça constitue des journées de programmation entre les parties de guitare, plus rock et métal, et les parties électro à part entière qui vont venir se greffer sur le reste du morceau. Avec comme résultat un style musical qu’on pourrait qualifier d’ « électronique post hardcore ».

    Pompon : En même temps ça ne doit pas être évident à gérer en live, sur scène, sans filet. Ça complique le jeu…

    HTKA : On croise les doigts à chaque concert ! (rires) On lance l’ordi et on espère qu’il va tenir jusqu’au bout du concert, que tout va fonctionner parce qu’on est totalement tributaire d’une machine. Si la machine plante, tout le groupe doit se planter pour se remettre en phase avec la machine. Elle ne nous attend pas et ne se remet pas automatiquement dans le tempo. C’est un risque qu’on prend et qu’on assume, pour le moment ça fonctionne sans trop de soucis. Il s’agit de petits détails qu’on règle assez vite.

    Pompon : Le fait de dépendre d’une machine n’entraine-t-il pas le risque de rigidifier le concert à certains moments, comme le fait de ne pas avoir la possibilité d’improviser ? Comment évitez-vous cette difficulté ?

    HTKA : Les sets sont préparés à l’avance, en fonction du timing dont nous disposons. Il y a toujours un démarrage « forcé » par la machine. Nous jouons tous avec des in-ears qui nous donnent le décompte pour avoir une idée de quand la boucle va commencer. Le début du morceau est donc bien automatisé mais nous avons la possibilité sur certains morceaux de reprendre le contrôle après un « break ». La machine a également plusieurs morceaux qui ne sont pas forcément dans notre setlist en mémoire, ce qui nous laisse plus de flexibilité pour changer, si l’envie nous en dit, l’un ou morceau de notre setlist originelle avant le concert.

    Pompon : Donc vous n’êtes pas prisonniers de la machine ?

    HTKA : Non, elle constitue davantage une aide qu’une contrainte. Il faut la considérer comme un instrument à part entière qui permet de rajouter des effets dans certains passages musicaux. Ça exige des heures de préparation pour chaque morceau, assigner les pistes aux bonnes sorties pour envoyer à l’ingé son, à nos machines, dans les retours… c’est beaucoup de boulot.

    Pompon : Tout en bougeant sur scène !

    HTKA : Tout en bougeant, oui. C’est notamment un des aspects que nous avons travaillé avec Maggy Luyten qui nous a coachés sur notre présence scénique pendant ces deux jours de résidence pour le LOUD Program. Elle nous a poussé dans nos retranchements et nous a mis face à nos incohérences dans certains déplacements et mouvements sur scène qu’il fallait remettre en place. Maintenant nous avons une meilleure cohérence scénique.

    Pompon : Pour vous une résidence c’est quelque chose de sérieux et utile ?

    HTKA : Oui. Il s’agissait de notre première résidence et ça a été un déclic. C’était l’occasion de mettre au point le travail avec l’ordinateur, avec un ingé son, une bonne sono, de bons retours. C’est une répétition générale qui nous permet de vérifier que le son sera au point le soir du concert. Techniquement, c’est super intéressant. Il y a un avant et un après résidence.

    Pompon : Et le fait d’avoir ce regard extérieur du coach, par rapport à une répétition entre vous dans un local, ça change quoi ?

    HTKA : Tout. C’est un regard qu’on n’avait pas, qui est tout à fait différent, tout à fait nouveau. Le peu qu’on avait auparavant c’étaient des vidéos des lives précédents et des commentaires des copains qui ne sont pas forcément objectifs. Nous n’avions pas de regard critique. Contrairement aux copains, un coach peut nous encadrer pour nous permettre d’arriver là où l’on le souhaite, de devenir plus pro. C’est beaucoup plus constructif car il nous dit ce qu’on doit concrètement travailler.

    Pompon : Selon Maggy, vous êtes de bons clients. Visiblement elle n’a pas perdu son temps.

    Maggy : On n’a clairement pas perdu notre temps. Des musiciens comme eux, qui ont cette entente musicale et humaine, c’est quelque chose que tout musicien pourrait jalouser sainement parce que quand on possède les deux, entente musicale et humaine, on a les racines. Et c’est du pain béni pour un coach d’arriver et de dire « bon les gars, que pensez-vous si on fait ça ou ça », de leur proposer et non pas de leur imposer quoi que ce soit, d’expliquer, de les laisser faire et boum, c’est magique. Et ça s’appelle le talent. Quand tu as du talent, on te dit une fois les choses et tu comprends vite parce que c’est inné mais qu’il manquait juste un déclic.

     

    Pompon : Le rôle du coach est donc d’avoir un regard extérieur critique, mais pas dans un sens négatif. Pour pousser le groupe plus loin, le coach doit aussi l’aider à avoir confiance en lui-même.

    HTKA : Le coaching avait certains objectifs auxquels se sont ajoutés des éléments « bonus » comme la confiance en soi. Nous n’imaginions pas ressortir de ces deux jours de résidence avec ce regain de confiance en nous et en notre projet. Si on l’avait su avant, on aurait directement commencé par un coaching. On conseillerait à tout groupe de le faire.

    Maggy : Je pense que commencer directement par le coaching n’est pas forcément la meilleure chose à faire. Si vous appréciez autant le travail que vous avez pu réaliser lors de cette résidence, c’est aussi parce que vous avez déjà un vécu en tant que groupe et vous pouvez donc comparer l’avant et l’après.

    Pompon : Ça vaut donc la peine qu’une opération comme le LOUD Program existe sachant qu’un groupe seul ne pourra sans doute pas se permettre de financer une résidence, ou n’y pensera sans doute pas spontanément.

    HTKA : Non, en effet. Ne fut-ce que pour louer une salle comme celle-ci, il faudrait déjà débourser une somme relativement importante, et tout le monde ne peut pas se le permettre ! Sans compter le coach, l’ingé son, le catering, etc.

    Maggy : Faire une résidence dans de telles conditions, c’est extraordinaire pour le coach également parce que c’est très rare qu’un groupe puisse se permettre de payer plus de 2h de coaching dans une salle. Les groupes n’ont souvent pas le budget pour se payer une résidence de deux jours pendant laquelle on a la possibilité et le temps de créer des liens et d’échanger des feedbacks. C’est un luxe pour le groupe comme pour le coach.

    Pompon : Ça vous procure quoi comme impressions de faire partie de ce projet ? Quelle satisfaction en retirez-vous?

    HTKA : Ça nous donne envie d’en faire deux fois plus, de saisir la chance qui nous est donnée avec le LOUD et d’aller plus loin. On va mettre toute notre énergie pour faire vivre le projet au-delà du LOUD Fest au Botanique, faire en sorte que la sauce prenne avec le public et qu’on puisse se créer une fanbase, tourner dans d’autres lieux, etc. On a maintenant un groupe soudé, nous partageons les mêmes ambitions et envies. Nous sommes tous conscients que, comme beaucoup de groupes belges, nous n’allons pas devenir millionnaires et quitter notre boulot, même si notre projet fonctionne. C’est du bonus, nous n’allons pas forcément en vivre, du moins pas à court terme.

  • Lethvm

    Pompon : Vous ne semblez pas tous venir de la même région, comment vous êtes vous donc trouvés, et réunis ? En d’autres termes, comment est né le groupe ?

    Lethvm : Nous sommes effectivement originaires de différentes villes de Belgique : Bruxelles, Liège, Namur et Jemappe. Antoine et moi étions à l’école ensemble, à l’IATA à Namur. Nous avons un peu discuté et nous sommes mis à la recherche d’un bassiste pour un projet il y a 16/17 ans d’ici. Après différents projets, on s’est revus à Dour et on a commencé à discuter d’un projet axé plus post-metal. On a fait quelques concerts mais un membre est parti et on s’est alors retrouvés à trois. Pour le quatrième membre, on a fait une demande sur Facebook. On a reçu une seule réponse, celle de Vincent et c’était la bonne. On lui a envoyé quelques compos que l’on avait déjà enregistrées entre nous et il nous les a renvoyées seulement deux jours après avec du chant dessus. A partir de ce moment-là, on avait plus l’impression que c’était nous qui passions un casting, étant donné ce qu’il nous avait déjà envoyé. (Rires)

    Pompon : Ce qui est bien, c’est que vous n’étiez pas sans rien, vous aviez déjà des bases. Vous ne vous êtes pas juste retrouvés en répet’ en vous demandant ce que vous alliez faire.

    L. : On a une influence, ce qu’on appelle “notre triangle magique” : Neurosis, Cult of Luna et Amenra, pour le côté belge. L’idée était vraiment de partir là-dessus, avec un projet plus doom, lent, à la base, et puis ça a un peu évolué. Ensuite, on s’est plus tournés vers du post et on essaye vraiment de faire un mélange juste et original, pas trop cliché.

    Pompon : Et au niveau des textes ? Il y avait déjà du texte sur vos compositions ou le chanteur a écrit en un week-end les paroles qu’il a posées dessus ?

    L. : C’était juste l’instrumental, Vincent a rajouté les paroles quand il nous a renvoyé les compos. Il venait de se faire “larguer” par son groupe précédent et il avait vraiment envie de s’investir ailleurs. Il a donc fait comme tous les ados qui se font larguer, il a cherché une nouvelle opportunité sur Facebook. (rires)  

    Pompon : Et le nom du groupe, Lethvm ?

    L. : On voulait quelque chose d’un peu conceptuel avec une signification derrière. Lethvm vient de letum en latin. Nous avons transformé le U par un V et ajouté un H afin de marquer notre identité. Ce mot désigne tout ce qui a un lien avec l’érosion : l’érosion des choses, l’érosion physique et/ou mentale.

    Pompon : Il y a ce terme en physique qui dit que dès que quelque chose nait, il va vers sa mort : l’entropie. C’est un thème qui intéresse beaucoup Amenra.

    L. : Il y a toujours une notion d’espoir dans leurs chansons, malgré ce côté noir.

    Pompon : Je ne trouve pas que c’est noir chez vous. C’est puissant, c’est sombre, mais pas noir.

    L. : Le mouvement est différent de celui d’Amenra. Il y a un peu plus de mélodies chez nous, la construction des chansons est différente. On ne veut pas copier Amenra et on ne sait pas ce qu’ils ont dans la tête, on fait à notre façon. Les chansons sont quand même plutôt sombres. Les textes et les ressentis le sont. Mais le mouvement est différent. Ca deviendra peut-être noir un jour, selon le fil des choses. Ici on va commencer à composer, le but ce serait de sortir un split en 2018. L’album est fini depuis un petit bout de temps, on va commencer tout doucement à composer pour la suite. Notre objectif serait de composer une grosse chanson de 20 minutes, bien lente et qui va être l’évolution de l’album mais qui sera sans doute un peu plus noire ou en tout cas assez sombre.

    Pompon : Un split avec qui alors ?

    L. : On ne sait pas encore, on est au début de la recherche. On a des idées et on verra ceux qui sont dispos. Le but ce serait de le faire avec un groupe étranger, on va même peut-être essayer un autre continent, pour essayer d’avoir un échange de dates, de bouger un peu plus, de sortir de l’Europe.

    Pompon : Vous parliez d’un triangle magique ?

    L. : Il y a donc Cult of Luna, Neurosis et Amenra. Ce sont nos principales influences, celles des bases du projet. On a essayé de trouver un juste milieu entre ces trois-là, sans que cela y ressemble de trop. Que notre musique y fasse penser sans pour autant copier, ce qui est très dur en soi.

    Pompon : J’ai l’impression qu’il y a dans vos chansons une recherche de beauté, même si la beauté est sombre. Ce n’est jamais de la brutalité gratuite comme dans certains projets death metal qui sont très linéaires et dont les concerts te donnent juste l’impression d’entendre un seul morceau.

    L. : On essaye de trouver une sensibilité, soit à la guitare, soit à la voix pour ne pas avoir que la lourdeur, pour éviter que les gens s’ennuient et que l’on retrouve des choses différentes de la brutalité pure, avec un peu de finesse. Justement pour que quand ça claque, ça claque. On a des passages plus calmes, mélancoliques, plus mélodiques et puis des passages très basiques, puissants, lourds et lents. On aime cette notion de contraste.

    Pompon : Un morceau de Lethvm, c’est un peu comme une ligne qui ondule. Mais si on va du début à la fin, il y a un crescendo. Ça descend, mais jamais aussi bas qu’avant, et puis ça remonte, et ainsi de suite. Une ligne ondulatoire qui monte lentement vers un climax.

    L. : Une même émotion peut être dite de manières différentes. Donc au sein d’une même chanson, il y a une émotion qui est donnée mais dans toutes ses facettes, c’est pourquoi il y a cette succession de passages plus calmes et de passages qui induisent un mouvement.

    Pompon : Et donc avoir un morceau de 20 minutes sur le split, c’est une sorte de nouveau défi ? C’est aller encore plus loin et en profondeur dans la démarche ?

    L. : On a envie de ça, de quelque chose d’un peu plus monolithique. On va voir si on y arrive. On va sûrement jeter beaucoup, parce que dans les compositions on jette énormément. On va vraiment garder le meilleur. Il y a des chansons qui sont passées par 6/7 versions. Winters par exemple, pour laquelle il doit y avoir eu 10/12 versions avant d’avoir la bonne. D’un concert à l’autre on changeait des éléments du titre, on gardait ce qui fonctionnait et on jetait ce qui n’allait pas. Donc on travaille énormément les mêmes chansons jusqu’à ce qu’on en soit satisfaits.

    Pompon : Au niveau du chant, j’ai l’impression que ce n’est pas l’univers doom. Il y a plus un chant hurlé, guttural, que l’on retrouve plus souvent dans des groupes death metal. C’est une collision intéressante je trouve.

    L. : On n’aime pas du tout le death. (rires) On dit souvent aussi à Vincent qu’il a une voix de black metal mais il n’aime pas du tout le black non plus. (rires) Mais il fait avec ses propres armes. Il voit comment sa voix colle à la chanson. Généralement, il chante la chanson une fois et enregistre tout. C’est le même principe qu’avec un riff de guitare, on travaille beaucoup dessus, il y a énormément d’essais sur chaque chanson, pour qu’on en soit satisfaits.

    Pompon : Votre résidence se fera avec Grégoire Fray, du projet “Thot”. Qu’attendez-vous de cette résidence ?

    L. : Un travail du son. Régler le son pour nos lives, tous nos amplis, des retours parfaits sur scène, etc. Pour que ce soit le plus confortable pour nous sur scène et qu’en façade aussi ce soit aux petits oignons. Et puis on a acquis beaucoup de matos récemment et on aimerait peaufiner les réglages car on n’est pas techniciens. Ce sera déjà un premier apport de la résidence. Grégoire nous a aussi parlé, lors d’une réunion de préparation, d’un aspect très intéressant par rapport à la compréhension des chansons. II nous a expliqué qu’il s’était rendu compte, au sein de son propre groupe, que personne ne connaissait la thématique de leurs chansons, à part le chanteur. Il a alors demandé à Vincent s’il pouvait expliquer ses propres chansons, qu’elles puissent être comprises et vécues de manière commune. On a fait ce travail en amont de la résidence, c’était déjà une étape intéressante. Depuis lors, l’émotion ressort plus à travers les instruments. En plus de cela, on aimerait aussi travailler les entrées et les sorties de scène. La lumière aussi, si on a le temps. Le visuel en général, l’ambiance. C’est la première fois que l’on va bénéficier d’une résidence, donc on ne sait pas trop à quoi s’attendre, ce dont Grégoire va nous parler. On va voir, on est ouverts à plein de choses.

    Pompon : Lors d’une résidence, qu’est-ce qu’un coach, Grégoire en l’occurrence, peut plus spécifiquement, en tant que personne, vous apporter ?

    L. : Son expérience, il en a beaucoup. Mais à part ça, on ne sait pas trop ce qu’il va nous apporter. (rires) Franchement, on y va avec une grosse envie de travailler et de se donner au maximum mais on ne sait pas trop à quoi s’attendre. On a hâte de voir ce que la résidence peut nous apporter. On ne veut pas non plus qu’il nous dicte ce que l’on doit faire. Par exemple, s’il commence à nous dire quoi faire exactement sur scène, du type chorégraphie, cela ne marchera pas parce qu’on vit notre musique en live à notre façon. Mais on ne pense pas que ce soit quelqu’un comme ça, il a l’air d’avoir une grande sensibilité musicale.

    Pompon : Donc le but ce n’est pas un coach qui vous modifie, c’est un coach qui est à l’écoute et qui repère, du type “Ah là, il pourrait y avoir autre chose”.

    L. : On a déjà eu quelques retours et on est là pour en avoir davantage. On prend toujours bonne note des conseils qu’on nous donne.

    Pompon : La résidence vous prépare au concert à l’Entrepôt, et puis à la date au Botanique, mais les acquis qu’elle apportera pourront vous emmener plus loin.

    L. : Tout à fait, oui. Et puis l’ingé son avec qui on va travailler devrait devenir l’ingé son qu’on prendra lorsqu’on aura de grosses dates. Le but serait de travailler à long terme avec elle, car elle est intéressée par le projet. C’est chouette parce qu’avoir un ingé son qui ne sait pas suivre, ça ne fonctionne pas. On ne dit pas qu’elle doit nous suivre toute une tournée mais au moins pour les grosses dates, les gros évènements avec du budget, ce serait l’idéal. Ne fût-ce qu’elle puisse nous préparer une vraie fiche technique professionnelle, ça nous aiderait. Le but c’est de se professionnaliser un peu plus et que la résidence serve à long terme.

  • Wyatt E.

    Pompon : La formation Wyatt E., en quelques mots ?

    WYATT E. : Stéphane joue de la guitare, synthé, basse et chante un peu. Il fait de la musique depuis 10 ans avec Sébastien. Romain est à la batterie et aux percussions. On sort avec Wyatt E. notre deuxième album. On n’avait jamais joué pour le premier album à part deux ou trois lives hasardeux, dont un au Dunk!festival en 2016 qui nous a donné l’envie de continuer. On a donc commencé à booker des dates à l’approche du deuxième album. On s’est également inscrits au LOUD Program parce qu’on avait eu une bonne expérience avec Court-Circuit (The K, autre groupe de Sébastien, a remporté le Concours Circuit Rock dur en 2011). On s’est inscrit en se disant que c’était peut-être une bonne occasion de se faire découvrir, ce qui n’est pas toujours simple dans le milieu alternatif.

    Pompon : Donc avec Wyatt E., vous faites tous les 3 quelque chose de vachement différent de vos autres projets ?

    WYATT E. : Complètement, c’est vraiment l’alliance des extrêmes. Stéphane vient de la dream pop psyché, Romain de la scène screamo et Sébastian du punk noise, donc on  n’aurait rien à faire ensemble théoriquement. Mais on fait de la musique ensemble depuis plus de dix ans. On a toujours eu cet amour pour Big Black de Steve Albini, et on s’est retrouvé par la suite autour de musiques plus sludge, stoner… mais aussi autour d’une passion du cinéma. Wyatt E., est un groupe très cinématographique. Quand Romain est arrivé, le groupe a pris une autre tournure et c’est là que Wyatt E. est devenu ce qu’il est aujourd’hui, un groupe à inspiration orientaliste.

    Pompon : Inspiration orientaliste, tu parles des fantasmes qu’auraient les occidentaux vis à vis de l’Orient, plutôt qu’une véritable influence des musiques orientales libanaises, syriennes, turques actuelles ?

    WYATT E. : C’est plutôt un fantasme oui, on n’a pas fait de recherches sur la musique orientale pour faire ce projet. On est amateurs de musique psyché turque par exemple, mais on revendique le fait qu’on n’est pas spécialistes du genre. C’est difficile d’éviter l’ornière de la réappropriation culturelle, c’est vraiment un hommage qu’on veut rendre. A des réalisateurs comme Pasolini par exemple, l’Evangile selon Saint Matthieu qui pour nous est aussi un film orientaliste en quelque sorte, Les 1001 Nuits… C’est un hommage à un Orient fantasmé, mais qui existe dans notre imaginaire collectif.

    Pompon : Vous évoquez dans votre bio Edward Said ? Qui est-il ?

    WYATT E. : C’est un écrivain américain, d’origine palestinienne, qui a écrit un livre sur l’orientalisme. Qu’est-ce que cette vision occidentale de l’Orient ? Il y a un coté dénonciation du colonialisme là derrière, toutes proportions gardées évidemment.

    Pompon : En même temps, le doom classique est assez binaire de manière générale. Vu que c’est une musique lente, ca peut très bien coller avec des rythmes orientaux plus chaloupés. Le mélange fonctionne bien. Comment l’avez-vous construit ?

    WYATT E. : C’est venu naturellement. Quand on a commencé sans batterie, on avait en tête de faire une sorte de bande originale pour un western post apocalyptique, quelque chose de très cinématographique encore une fois. Avec la venue de Romain, ça c’est ralenti. On a évolué vers des rythmes lents. Des groupes comme Masters Musicians of Bukkake, Swans et même Godspeed You! Black Emperor ont pour nous des passages orientalistes.

    Pompon : Si on remonte aux années ‘70 avec des groupes comme Led Zeppelin ou certaines mouvances du psychédélisme, cela vous a influencé aussi ?

    WYATT E. : Tangerine Dream et tout ca ? De loin, ce n’est pas vraiment la musique de notre génération. On sait reconnaître le talent de nos pères mais nous n’avons pas grandi avec ça, on ne l’a découvert que plus tard.

    Pompon : Et au niveau doom, quelles sont vos références ?

    WYATT E. : Qu’est ce qu’on appelle ‘doom’ aujourd’hui ? On est pas tant influencés par le doom que par le drone par exemple. C’est compliqué à expliquer. On a des influences bien marquées, celles citées auparavant.

    Pompon :  …mais qui ne sont pas celles qu’on attendrait a priori en fonction de l’étiquette oriental doom ?

    WYATT E. : Je pense que l’étiquette est vraiment bien en réalité. Elle est « vendeuse », on a trouvé un bon adjectif pour identifier le groupe. Godspeed est une grosse influence, au niveau des guitares, des reverbs, delays, un côté grandiose, grandiloquent…

    Pompon : Mais c’est pas par hasard si Wyatt E. se retrouve dans un dispositif comme le LOUD ?

    WYATT E. : Wyatt E. a sa place dans un concours plus grand public, mais le sens de la scénographie et les influences de ce projet, même si la musique n’est pas si violente, sont assez musclés. En citant nos influences, un public loud peut s’y retrouver, un public plus pop s’y retrouverait moins, alors que notre musique pourrait s’y prêter.

    Pompon : Il y avait déjà un peu ce décalage avec The K. en 2011, certaines personnes disaient « Mais qu’est ce qu’ils font là, c’est pas du métal », mais c’est pas de la pop non plus, on les met où ?

    WYATT E. : Il faudrait un concours par groupe au final. Ce serait bien, il n’y aurait que des gagnants !

    Pompon : Vous pensez quoi de l’évolution du concours circuit rock dur, le fait qu’il n’y ait plus de compétition avec des gens qui votent, un jury, un gagnant, les votes du public avec toutes les dérives que cela peut entrainer, etc.. Vous préférez l’ancienne ou la nouvelle formule ?

    WYATT E. : C’est une suite logique. Il y a aussi un grand snobisme et un décalage entre le monde du pop rock et les groupes qui s’inscrivent au LOUD. S’il y avait un concours unique et que par chance un groupe plus énervé parvenait à se faire une place en finale, le groupe n’aurait aucune chance. Le monde professionnel qui vient juger ces groupes ne voit pas forcément de l’intérêt dans les musiques extrêmes ou alternatives. C’est de là que vient cette sorte de snobisme. « Ce n’est jamais que des gens avec des longs cheveux, des boucles d’oreille dans le nez qui bougent la tête ». Si on disait tout ce que l’on pense de cela… (rires) on pourrait écrire un bouquin là-dessus ! Cette réflexion a dû arriver à l’époque et c’est sûrement pourquoi le Concours Circuit a été scindé en deux. Avec The K. on s’est aussi fait mal voir par certains milieux metal parce qu’on n’était pas assez dur. Quand les gens nous manifestaient une certaine antipathie, on ne pouvait pas s’empêcher d’avoir le sourire ! Maintenant ce n’est plus la même chose, on a grandi, faire chier les gens c’est pas notre but. C’est plus confort de se dire “il y a 4 groupes, on va faire une résidence, on travaille de manière plus professionnelle”. Cela correspond quand même mieux aux personnes que nous sommes aujourd’hui, l’important maintenant c’est de se professionnaliser, de jouer dans des meilleures conditions ou dans tous les cas de préparer les concerts et d’enregistrer de bons albums. Ça convient mieux à Wyatt E. Le premier album est sorti en 2015 sur cassettes, le deuxième devait aussi sortir en cassette en 2016/2017 puis un label israélien s’est mis dans la course pour sa sortie. Entre-temps il y avait aussi un gars qu’on connaît du Dunk! fest qui voulait monter son propre label et nous a proposé de ressortir le premier à l’occasion de la sortie du deuxième. On l’a donc pressé en vinyle.

    Pompon : En résidence vous vous êtes focalisés sur quoi ? Quelles étaient vos priorités ?

    WYATT E. : L’aspect scénique plus que l’aspect son, on joue avec costumes et masques. Ce sont des kimonos qui rappellent un peu la bure des moines coptes d’Egypte. Nous avons aussi des masques qui ne sont pas sans rappeler la burqa. Cela renvoie à une certaine tradition du déguisement à la Sunn O))) et compagnie, c’est original. On a travaillé avec une créatrice, Julie Wezel pour les costumes. C’est au Magasin 4 que l’on va les porter pour la première fois en live (concert du 10/11/17). On revient d’une tournée de 10 jours qui nous a amené jusqu’en Turquie où on a joué dans des clubs et cafés-concerts. On voulait surtout corriger l’aspect live, jouer les morceaux correctement et ne pas se soucier des costumes.

    Pompon : Et à Istanbul, comment était l’accueil ?

    WYATT E. : Super, ce sont des gens que Sébastien a connu via The K., en Yougoslavie, qui nous ont permis de faire cette tournée et nous ont donné des contacts en Turquie. De retour en Belgique on a ces deux belles dates au Magasin 4 et au Botanique, tout tombe parfaitement. On peut travailler lors de cette résidence pour préparer au mieux ces deux concerts sur des scènes plus imposantes, avec la lumière, etc.

    Pompon : Quel est l’apport de quelqu’un comme Grégoire qui vous coache ?

    WYATT E. : Il fait son travail au niveau de la scénographie. Lors des rencontres préparatoires, on avait prévu qu’il faudrait travailler le placement sur scène, les entrée et sortie, la manière dont on bouge avec les masques… Il y a toute une danse, un rituel à apprendre. C’est toujours utile d’avoir un regard extérieur. C’est bien qu’il nous dise ce qui fonctionne ou non.

    Pompon : Le fait d’avoir un deal discographique avec quelqu’un de Leuven, ça peut vous ouvrir des portes en Flandre ?

    WYATT E. : Ce qui peut nous ouvrir des portes, c’est le fait qu’on ne chante pas (rires). Peu importe d’où vient le public, quelle est sa culture, il peut rentrer dans la musique, le spectacle. C’est plus universel.

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