Concerts en streaming, plateformes de mise en réseau, médiation culturelle digitale… L’Observatoire des Politiques Culturelles (OPC) publie une nouvelle étude ambitieuse sur les usages du numérique au sein des organisations culturelles en Fédération Wallonie-Bruxelles. Une photographie détaillée des pratiques numériques post-Covid, mais aussi une exploration des enjeux stratégiques qui en découlent pour l’ensemble du secteur culturel. Court-Circuit y a contribué à plusieurs titres, en apportant son expérience de terrain et ses outils numériques innovants.
Une enquête au cœur des pratiques numériques culturelles
Réalisée fin 2023, cette étude s’appuie sur une série d’entretiens approfondis avec 23 professionnel·les issu·es de divers secteurs culturels subventionnés. Elle dresse un panorama nuancé des usages du numérique, entre bouleversements induits par la crise sanitaire, appropriation différenciée selon les structures, et transformation durable des métiers culturels.
L’étude révèle notamment :
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une accélération des usages numériques depuis la pandémie, particulièrement en matière de communication et de diffusion ;
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une appropriation inégale selon les types de structures et leur taille ;
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une tension persistante entre présentiel et distanciel, le numérique étant parfois perçu comme un palliatif temporaire et non un substitut aux expériences culturelles vécues.
Le rôle moteur de Court-Circuit
Dans ce contexte, Court-Circuit émerge dans l’étude comme un acteur structurant du numérique dans le champ des musiques actuelles. À travers sa plateforme Court-Circuit.band, la fédération a su développer un outil polyvalent au service à la fois des artistes et des professionnel·les du secteur :
« Cette plateforme, c’est vraiment un outil de médiation incroyable avec les artistes […] un outil d’accompagnement, de guidance, de promotion, de marketing […] et de mutualisation professionnelle pour les organisations de concerts. »
— extrait de l’étude OPC, p.24
Avec près de 6000 artistes inscrits, une dynamique croissante d’appels à candidatures et une diversité de fonctionnalités (sélections, résidences, appels radio, coaching…), Court-Circuit.band s’impose comme un levier d’émergence artistique, mais aussi comme une base de données vivante pour les programmateur·rices et les lieux de concerts.
Covid, occupationnel ou transformation durable ?
Le rapport ne manque pas d’interroger l’héritage de la pandémie sur les pratiques numériques. Un témoignage de Court-Circuit illustre bien ce retour critique sur la période :
« Les concerts à distance, plus personne ne veut en entendre parler […] c’était vraiment de l’occupationnel parce que ça ne peut pas être un objectif en soi. »
— p.13
Un constat partagé par de nombreuses structures : si la crise a agi comme un catalyseur, le numérique ne doit pas supplanter le lien direct, mais bien l’enrichir et l’accompagner.
Toucher tous les publics… un défi permanent
L’étude souligne aussi les difficultés d’accessibilité et de lisibilité des outils numériques auprès de publics variés. Une problématique que Court-Circuit connaît bien :
« Quand j’ai commencé, on visait clairement les trentenaires. Et là, on réussit à cibler des beaucoup plus jeunes et des beaucoup plus vieux. […] Mais c’est aussi la difficulté. »
— p.28
Le défi est donc d’adapter les interfaces, les messages, les canaux de communication pour que chacun·e puisse se retrouver dans l’usage de la plateforme, quel que soit son âge, ses habitudes ou son rapport à la culture.
Une reconnaissance institutionnelle et sectorielle
La participation de Court-Circuit à cette étude s’inscrit dans une dynamique plus large de représentation et de structuration du secteur. En tant que fédération, Court-Circuit joue un rôle actif dans les instances de concertation (CCMA, Chambre des Concertation des Musiques, Live DMA…), et s’appuie sur des outils d’observation et de collecte de données pour faire entendre les réalités du terrain et influencer les politiques publiques.