.24 mai 2021
par Leslie Gutierrez

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GUIDE – Comment construire sa fiche technique ?

COMMENT FAIRE UNE FICHE TECHNIQUE PRO : GUIDE RÉALISÉ PAR LESLIE GUTIERREZ. N’OUBLIEZ PAS DE SCROLLER JUSQU’À LA FIN DES ONGLETS CI-DESSOUS POUR RETROUVER DES EXEMPLES DE VRAIES FICHES TECHNIQUES, TELLES QU’ELLES SONT ENVOYÉES AUX SALLES. BONNE LECTURE !

Tout d’abord, la fiche technique fait partie du rider d’un groupe. Le rider est en quelque sorte le contrat qui lie le groupe avec la salle dans laquelle il se produit. Le groupe est d’accord de réaliser le concert prévu si toutes les demandes du rider sont acceptées (ou décidées au préalable d’un commun accord si certaines ne peuvent pas l’être). 

RIDER

RIDER

Dans un rider on retrouve :

  • Les contacts et la liste des membres de l’équipe
  • Les demandes spécifiques (à propos des horaires, du parking, de la guest list, etc.)
  • Le « technical rider » (la fiche son, le patch, le stage plot, la fiche light et le backline demandé). Ce « technical rider » est la fiche technique que nous évoquons dans cet article.
  • Le « hospitality rider » (ce qui est attendu dans les loges, le logement de chaque membre du groupe et personne de l’équipe, le transport prévu pour que le groupe puisse se rendre sur place)

C’est dans ce rider que la groupe va préciser toutes les attentes (par rapport par exemple au matériel sur place) liées à la bonne représentation de son concert. Le groupe y mentionne son minimum requis (type de matériel, taille de la sono, placement de la console son dans la salle, etc.).

Plus le groupe est « important » (c’est-à-dire plus il est connu et se produit dans de nombreuses salles, je ne parle bien entendu pas de la qualité musicale du groupe), plus il aura des exigences. Certaines sont justifiées, des membres de l’équipe passent la plupart de leur temps en tournée, il leur faut un minimum de confort.

CHECKLIST TECHNICAL RIDER

Voici la liste des points importants devant figurer sur une fiche technique (technical rider) :

  • le nombre de musicien.nes présent·es et le ou les instruments qu’ils ou elles jouent (si vous ne rendez qu’une fiche technique à la salle et pas tout un rider, n’oubliez pas de préciser les membres de votre équipe (technicien.nes, manager.euse, booker.euse, etc.) à le ou la chargé.e de production pour prévoir assez de repas, de bracelets backstage, de places de parking si ces personnes viennent en voiture, etc.)
  • les membres de votre équipe technique (ingé son et/ou ingé lumière) et leur contact
  • les spécifications techniques requises s’il y en a (type de console son, placement dans la salle, type de matériel, etc.), horaires idéaux de soundcheck
  • le patch (numéroté, avec le nom de chaque source, le micro utilisé, si ce micro est fourni par vous même ou pas, éventuellement la taille du pied de micro ou s’il s’agit d’une pince, l’insert à brancher sur cette tranche s’il s’agit d’une console analogique, la liste des VCA s’il s’agit d’une console numérique, etc.)
  • le plan de scène
  • un mot sur les lights et la vidéo s’il y a une demande précise (voir un plan de feu)
  • n’oubliez pas de préciser si vous avez une demande en backline

FICHE TECHNIQUE

TECHNICAL RIDER

1/ Une fiche technique complète se compose toujours d’un patch. Ce dernier est numéroté avec la liste des instruments à sonoriser et le microphone utilisé pour chaque instrument. Il ne faut pas oublier de mentionner lorsqu’il s’agit d’un micro que le groupe apporte lui-même. Chaque numéro correspond à une entrée, une tranche de la console. Le patch est réalisé par l’ingénieur·e du son qui sonorise le groupe, car iel connait la composition du groupe (nombre d’instruments), et sait quel micro iel aimerait utiliser sur tel ou tel instrument. Iel décide aussi de l’ordre dans lequel arrive ces instruments sur la console.

2/ Un stage plot (plan de scène en français) indiquera la place de chaque instrument sur scène, de chaque musicien et de chaque retour. On n’oubliera pas de noter également les endroits où il doit y avoir une arrivée d’électricité (pour brancher des pédales, un instrument, un ordinateur, etc.), généralement représentés sur le schéma par un dessin d’éclair. S’il y a besoin de risers, on mentionne leur emplacements, avec leurs dimensions. Sur un plan de scène, la scène est représentée de haut, avec le public au bas de la page. Il y a deux notations utilisées pour ne pas confondre chaque côté de la scène : jardin et cour ou stage right et stage left. Pour l’annotation jardin – cour (qui nous vient du théâtre), le moyen mnémotechnique de le retenir est que lorsque l’on se trouve dans le public (face à la scène), il faut penser au mot Jésus Christ (J pour jardin et C pour cour). L’annotation américaine se retient lorsque l’on se trouve soi même sur la scène et que l’on est face au public, cela correspond à notre gauche et notre droite.

Un·e musicien·ne peut vouloir deux retours pour avoir plus de puissance, ou si iel a par exemple deux positions sur scène (une derrière un synthé et une plus à l’avant scène lorsqu’iel joue de la guitare). Il faudra bien indiquer sur ce schéma qu’il s’agit alors du même circuit de retour qui est envoyé dans ces deux retours, pour que les technicien·nes de la salle puissent les brancher correctement.

3/ On va aussi dédier si besoin une partie de la fiche technique au monitoring, c’est-à-dire au son qu’entendront les musicien·nes sur scène. On précise alors si l’on n’utilisera que des retours, ou que des in ear, ou une partie de chaque (in ear pour le·la batteur·se, retours pour tous les autres musicien·nes). On précise si les in-ear utilisés sont filaires (auquel cas l’ingénieur du son de la salle peut préparer au préalable un câble) ou sans fil (en précisant leur fréquence, les fréquences autorisées changent en fonction des pays, parfois des régions). S’il faut rajouter des micros d’ambiances pour les in ear, il faut les ajouter dans le patch.

La communication avec la salle dans laquelle le concert aura lieu est très importante, mais pas toujours facile (il y a parfois beaucoup d’intermédiaires, la dernière version de la fiche technique n’est pas toujours celle qui est envoyée, et par mail on discute rarement avec l’équipe technique de la salle mais plutôt avec le·la chargé·e de production – production manager en anglais). Il arrive très fréquemment lorsque l’on arrive sur place que l’équipe technique n’a pas du tout la bonne fiche technique en sa possession, et qu’iels ont préparé de mauvais micros / un mauvais patch, ce qui peut s’avérer problématique s’iels ont dû faire un patch festival (explications au prochain paragraphe). Il est important dans la mesure du possible de vérifier au préalable que les bons documents ont été transmis.

LE PATCH FESTIVAL

Lors d’un festival, ou même parfois lors d’un concert où plusieurs groupes se produisent sur la même scène, il arrive que les technicien·nes son de la salle / du festival décident de créer ce qu’on appelle un patch festival. C’est un patch général, où il y a une place prévue pour tous les micros de chaque groupe. Par exemple, en micro numéro 1, on branchera le kick de chaque groupe. Ça permet d’être rapide au changement de plateau et d’enchaîner plus vite les concerts. En numéro 2, il y aura la caisse claire de chaque groupe. C’est pour cela que lors de ces concerts, tous les groupes jouent parfois sur la même batterie, ça économise du temps entre les concerts et le public n’a pas envie de partir car il doit attendre trop longtemps. Imaginons qu’un groupe a un clavier mais pas les autres, les techniciens décident de le brancher en 17, le numéro 17 restera vide pour les autres groupes.

D’où l’importance de fournir un patch correct, cela permet aux technicien·nes de préparer un bon patch festival. Si le jour même on prévient qu’il y a plein de percussions et autres instruments en plus que ce qui était prévu, souvent iels doivent recommencer leur travail pour inclure tout cela au patch commun. Imaginez qu’un premier soundcheck ait été fait, et le groupe suivant annonce que la batterie sera composée de 3 toms et non de 2 comme prévu initialement, on est alors obligé·es de placer ce troisième tom à la fin de la console vu que tout le reste est déjà occupé et câblé, ce n’est pas pratique.

EXEMPLES

Exemple 1

Exemple 2

Exemple 3

Fiche technique incomplète

EN BREF

Il faut que ce soit concis ! On doit pouvoir voir ces informations rapidement sans devoir les chercher, et il ne doit pas y avoir de confusion possible. Un schéma vaut parfois bien mieux qu’un texte. Souvent, le personnel de la salle va imprimer cette fiche, donc moins il y a de pages mieux c’est (pensons un peu à l’écologie!).

Cela prend un peu de temps, mais on peut aussi adapter sa fiche technique au concert que l’on va donner, si c’est dans un bar, il y aura moins besoin de micros et d’amplification que dans une grande salle. Mais pas d’inquiétude, les personnes travaillant dans des bars savent qu’une fiche technique où beaucoup est demandé ne doit pas être respectée à 100% vu la configuration particulière liée au lieu.

Une bonne fiche technique est dans l’intérêt du groupe : plus elle est précise, plus le personnel de la salle peut mieux préparer tout ce dont le groupe aura besoin avant son arrivée, et plus le groupe aura du temps pour réaliser son soundcheck (aucune perte de temps liée à la mauvaise préparation de micros, de mauvais placements de retours ou risers, de mauvais branchements dans la console, etc.).

Pour une meilleure compréhension, je conseillerai d’écrire la fiche technique en anglais car c’est une langue parlée par la plupart d’entre nous, et que certains termes sont de base en anglais. Ce sera plus simple, même si vous ne jouez jamais à l’étranger, n’oublions pas que nous vivons dans un pays avec trois langues officielles.

Comme dans la vie, tout problème est souvent dû à un manque de communication, n’hésitez pas à tout mettre en place pour éviter cela ;-)

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